Résumé

  • La consultation d’Ofcom propose une licence de radar de détection à 24 et 16 GHz ; au 20 octobre 2026, son statut officiel reste « Pending Statement (Closed) ».
  • Le projet autorise la détection, pas le brouillage ni une contre-mesure active. Il faut donc rendre visible le relais vers l’autorité compétente sans confier au détenteur du radar un pouvoir qu’il n’a pas.

La licence sait où se trouve l’antenne

Le projet de licence demande une adresse postale, une référence du quadrillage national britannique précise à au moins dix mètres, les fréquences utilisées et la puissance émise. Il fixe aussi des règles d’interférence, des zones d’exclusion et des conditions de coordination. Ce sont des détails concrets sur l’installation et son environnement radio.

Le document est moins précis sur le moment suivant : que se passe-t-il quand le radar détecte quelque chose ? Cette différence n’est pas un oubli de vocabulaire. Ofcom distingue la permission d’émettre sur une fréquence du pouvoir d’agir sur un aéronef.

La consultation « Enabling drone innovation and security » a été publiée le 16 juillet et clôturée le 30 septembre 2026. La page d’Ofcom, actualisée le 20 octobre, affiche encore « Pending Statement (Closed) ». La licence radar est une proposition, pas une décision publiée. Ofcom prévoit un état des lieux au début de 2027.

Détecter n’autorise pas à neutraliser

Le texte de consultation dit que la licence envisagée couvre l’usage de radars de détection de drones. Elle ne comprend ni le brouillage ni d’autres effecteurs électroniques. Ofcom explique que ces mesures sortent des pouvoirs que lui confère la loi britannique sur les télécommunications sans fil ; des services publics peuvent disposer de pouvoirs distincts dans d’autres textes.

Cette séparation est saine. Un régulateur du spectre n’a pas à transformer une autorisation radio en mandat d’intervention. Mais elle impose une question pratique : quelle information le détenteur du radar transmet-il, à qui, et avec quelle trace de la décision prise ensuite ? Le projet publié ne désigne ni destinataire d’alerte, ni délai d’accusé de réception, ni circuit d’escalade, ni registre du choix opérationnel.

La consultation ne publie pas de procédure distincte nommant le destinataire, l’accusé de réception et le circuit d’escalade. Un protocole public qui précise ces trois éléments changerait le constat ; pour l’instant, le parcours publié s’arrête à l’équipement autorisé.

Les réponses parlent de coexistence radio

La CAA, dans sa réponse propre à la consultation, insiste sur la résilience et la protection contre les interférences. Pour les radars CUAS et les systèmes de détection-évitement qui opèrent à proximité, elle demande de la confiance dans la coordination, l’autorisation et la résilience opérationnelle. C’est une exigence de sécurité du spectre et d’exploitation, pas une attribution du destinataire d’une alerte.

Le Home Office soutient notamment les garde-bandes proposés pour protéger les systèmes TETRA de sécurité publique voisins de la bande de 450 MHz. Il cite aussi le résultat d’un essai d’Ofcom à Baldock : la précision d’un cinémomètre est restée stable pendant les essais de radar de détection. Cette donnée éclaire la coexistence technique. Elle ne répond pas à la question du relais.

Il faut garder ces deux dossiers séparés. Un radar peut respecter ses conditions de fréquence et de puissance sans que le public sache qui reçoit son observation. Une autorité peut être compétente pour décider sans être titulaire de la licence radio. Un dossier vérifiable relierait les deux sans confondre leurs rôles.

Écrire le relais là où se trouve le pouvoir

Ofcom doit garder la licence radio dans son périmètre. L’élargir à une permission générale de brouiller ou d’intervenir effacerait la limite que la consultation a posée. Le relais opérationnel devrait être fixé avec les organismes qui possèdent déjà les responsabilités pertinentes, en lien avec les exploitants de radars et le régulateur de l’aviation.

Un reçu de transmission, court et auditable, suffirait à rendre la chaîne lisible : identité du capteur et de son site, heure, localisation et niveau de confiance de l’observation ; point de réception nommé ; accusé de réception et voie d’escalade ; autorité ayant pris une décision ultérieure et base juridique utilisée. Le radar transmettrait une observation, pas une instruction automatique. L’autorité resterait celle qui a légalement le pouvoir d’agir.

La CAA demande de la coordination et de la résilience ; le Home Office cite un essai de coexistence. Aucun cas d’alerte manquée n’apparaît dans les documents de consultation ; un compte rendu d’incident ferait passer l’analyse d’un risque de conception à un constat opérationnel. Publier le relais séparément de la licence suffit, sans attribuer à Ofcom une fonction nouvelle.

La déclaration attendue au début de 2027 devrait clarifier le sort des bandes et des conditions techniques. Elle devrait aussi indiquer où le public peut trouver le protocole de passage de témoin, même si ce texte relève d’une autre autorité. Ofcom peut autoriser un radar à écouter. Quelqu’un doit encore rendre visible ce qui se passe après.

Sources