Résumé
- L'annonce du 16 décembre 2002 distingue un résumé accessible, le texte juridique et un code numérique permettant aux moteurs et applications de reconnaître les conditions de réutilisation.
- Le texte ccREL 1.0 du 8 avril 2008 décrit le premier conseil technique : déposer du RDF/XML dans un commentaire HTML. ccREL lui substitue un modèle de propriétés et des méthodes de publication par défaut, dont RDFa sur le Web.
Trois lecteurs, une œuvre
Une permission accordée à l'avance ne sert guère si personne ne peut trouver l'œuvre concernée. Dans son communiqué de lancement, Creative Commons répartissait le travail entre trois formats. Le Commons Deed expliquait simplement les termes ; le Legal Code en portait le texte opérant ; le Digital Code donnait aux machines de quoi identifier l'œuvre selon ses conditions d'usage. L'enjeu était très matériel : économiser la recherche du titulaire et la négociation d'un accord déjà proposé au public.
Le projet précise aujourd'hui que le texte juridique est la couche opérante. Le code numérique sert d'étiquette. Mais une étiquette doit indiquer sur quel objet elle est collée, quelle licence elle désigne et où envoyer l'attribution. Sans ce lien, un lecteur peut voir un badge rassurant tandis qu'un outil de recherche ignore ce qu'il qualifie exactement.
Le choix de départ était un compromis technique difficile à aimer. Le récit rédigé par l'équipe ccREL dit que le générateur de licence fournissait du RDF/XML à insérer dans un commentaire HTML. Un programme pouvait examiner le code source et lire les données ; le navigateur ne les affichait pas avec l'œuvre. L'outil devait trouver le commentaire, l'analyser et le relier à la bonne ressource. Les auteurs reconnaissent avoir trouvé la solution lourde dès le début. RDF/XML était alors la syntaxe RDF standard disponible, et la manière d'entrelacer données structurées et HTML visible n'était pas encore fixée.
Le prix de l'étiquette cachée
Six années d'usage ont rendu cette gêne plus coûteuse. Le document de 2008 observe que des millions de pages portaient licences et métadonnées, sans offrir aux fabricants d'outils une méthode uniforme et extensible pour les extraire. Les logiciels recouraient à des astuces particulières. Le problème se jouait loin du regard du visiteur : un texte de licence pouvait être parfaitement lisible sur la page et demander néanmoins à chaque application de construire son propre petit détective.
ccREL a changé le contrat d'interface. Il définit des propriétés RDF pour l'œuvre et d'autres pour la licence, sans faire dépendre le modèle d'une syntaxe unique. La façon d'extraire ces propriétés doit pouvoir être découverte. Le texte recommande RDFa pour les pages HTML et XMP pour les médias autonomes comme voies par défaut. Dans son exemple web, le lien de licence et les renseignements d'attribution sont attachés à des éléments visibles. La recommandation RDFa de 2008 du W3C donne le contexte de cette écriture.
La modification concernait la manière d'annoncer les conditions, pas une nouvelle signature obligatoire pour tous les créateurs. Le document ccREL dit expressément qu'il remplace les recommandations antérieures pour exprimer les métadonnées ; les licences de première génération restent interprétables avec son modèle. Les responsabilités deviennent plus nettes : l'éditeur attache les propriétés à l'œuvre, le logiciel suit une voie d'extraction découvrable, et le lecteur peut vérifier la déclaration visible.
Un signal de droits, pas une serrure
Une métadonnée permet de trouver et comprendre une permission ; elle n'empêche pas physiquement d'ouvrir un fichier. Creative Commons l'a expliqué dans sa mise au point de 2009 : ccREL exprime des droits, sans système de surveillance ou de blocage. La distinction était inscrite dans les trois formats dès 2002 : le texte juridique portait la décision du titulaire, le code numérique la rendait repérable. Améliorer l'étiquette réduisait le coût de découverte, pas le pouvoir du titulaire de déterminer les conditions.
Cette histoire tient dans l'emplacement d'une ligne de données. Creative Commons voulait que les machines retrouvent les œuvres dont les droits avaient été annoncés. La première étiquette était sous le rabat d'un commentaire. ccREL l'a reliée plus clairement à la page et à la ressource. La permission pouvait rester stable pendant que l'interface qui la rendait visible aux outils était refaite.
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