Résumé

  • Un avis du 7 août 1995 annonce la fin de l’impression et de la distribution habituelles des tables par le National Ocean Service à partir de l’édition 1996. Le service conserve la base de données et la production des prévisions.
  • Un CD-ROM payant doit fournir les pages complètes aux lecteurs et aux imprimeurs privés. Le bulletin téléphonique et le site web proposent des périodes plus courtes, selon des règles différentes.

Dans un volume annuel de tables de marées, septembre reste à sa place quand octobre arrive. La page web prévue par NOAA en 1995 a une autre façon de compter : elle montre quatre jours à partir du jour de la demande. Pour le lecteur qui veut garder toute l’année sous la main, il faut donc une autre livraison.

Ce choix devient très concret quand l’administration manque d’argent pour fabriquer les livres. Qui fournira l’édition complète ? Et comment un acheteur la trouvera-t-il si le guichet en ligne ne lui présente que les prochains jours ? L’avis de NOAA répond avec une proposition peu encombrante : un CD contenant les pages prêtes à imprimer, disponible contre paiement pour tout demandeur. Des entreprises privées pourront en tirer les ouvrages.

L’avis paraît le 7 août dans le Federal Register. National Ocean Service, le service de NOAA abrégé NOS, y annonce qu’à compter de l’édition 1996 il cessera d’imprimer et de distribuer les tables de marées et de courants de marée comme produit nautique courant, faute de fonds pour ces tâches. Il garde la mise à jour de la base de prévision et le calcul annuel. La Lune peut poursuivre son programme ; le service des expéditions doit revoir le sien.

Des calculs qui prenaient de la place

L’informatique travaillait déjà depuis longtemps sur ces tables. Selon l’histoire technique publiée par NOAA, les prévisions américaines passent au calcul électronique en 1966, avec des programmes FORTRAN sur de gros ordinateurs. La fabrication des pages reste toutefois laborieuse.

En 1973, un CDC6600 produit assez de cartes perforées pour occuper un espace de la taille d’un placard. Un IBM360 transforme ce lot en un autre ensemble tout aussi encombrant, destiné aux pages presque définitives. Il faut encore trier les cartes à la main et former les paquets qui alimentent l’impression. Avant de tenir sur un disque, la marée avait donc un certain goût pour les placards.

En 1990, des PC en réseau pilotent une imprimante PostScript. Ce langage décrit les pages pour qu’une machine adaptée puisse les reproduire. Les prévisions et leur mise en page ont ainsi une existence informatique bien établie lorsque NOS cherche, cinq ans plus tard, un autre chemin vers le lecteur.

Le disque transporte l’ouvrage entier

La solution annoncée pour l’édition complète est un CD-ROM contenant des images de pages PostScript prêtes à imprimer. Tout demandeur peut obtenir cette compilation, moyennant des frais de production et de distribution. Les imprimeurs privés peuvent s’en servir pour fabriquer les volumes destinés aux détaillants et au public.

Le disque est donc aussi un moyen de transmettre un travail achevé. L’éditeur public prépare les pages ; une autre entreprise peut engager le papier, les machines et la livraison. Les agents qui vendent les cartes nautiques de NOAA devront se procurer leurs livres auprès d’imprimeurs ou de distributeurs privés, à la place de la branche de distribution de NOS. L’avis sollicite les intéressés et signale qu’un petit nombre de fournisseurs ont déjà manifesté leur intérêt.

Trois jours à choisir, quatre jours à partir d’aujourd’hui

Pour une consultation courte, deux voies sont annoncées. Le bulletin électronique TIDES, accessible par modem jusqu’à 9 600 bauds, doit proposer environ 3 700 stations de marée américaines. L’utilisateur choisit une date en 1995 ou 1996 et obtient une fenêtre de trois jours.

La page d’accueil Mosaic fournit, pour les stations de référence nationales, quatre jours à partir du jour de la demande. Le jour supplémentaire s’accompagne donc d’une autre règle de calendrier et d’un autre périmètre de stations. Selon la question du lecteur, le modem peut rendre un service que cette fenêtre web ne propose pas.

L’avis décrit ces prestations de prévision à venir et indique que les demandes de données sont acceptées immédiatement par les deux nouveaux canaux. Ceux-ci doivent également annoncer la disponibilité et la finalisation des produits au fil de l’année. Quant aux prévisions annuelles, leur calendrier de mise à disposition reste celui des années précédentes.

Ce petit épisode donne au premier web une place très précise : une entrée de consultation parmi plusieurs offres. Le navigateur fournit un horizon court, le bulletin laisse choisir une date dans deux années, le disque emporte l’ouvrage complet. Pour savoir ce que le lecteur gagne, il faut ouvrir la commande, regarder la station et compter les jours. Le mot « numérique » tient dans le titre ; les conditions de livraison demandent un peu plus de place.

Sources