Résumé
- Le groupe transversal Review of Reviews prépare un deuxième projet après 23 contributions. Le rapport officiel précise que cette version intégrera à la fois les commentaires publics et les délibérations poursuivies par le groupe.
- La deuxième consultation devrait être accompagnée d’un registre de modifications, disposition par disposition, indiquant le point de départ, les contributions pertinentes, l’origine de la modification, la décision, ses motifs et les questions encore ouvertes.
Une nouvelle consultation sur un objet qui a continué d’évoluer
Le Review of Reviews touche au mécanisme par lequel l’ICANN examine sa propre responsabilité. Il ne s’agit donc pas d’une simple révision éditoriale. Le premier projet, publié le 25 juin, proposait un système à trois piliers : deux revues programmées, des revues déclenchées à la demande et une évaluation ponctuelle liée au programme pilote d’amélioration continue. Il créait en outre un comité permanent de cadrage, le Reviews Scoping Committee, appelé à coordonner l’ensemble.
La consultation s’est achevée le 4 août. Le rapport de synthèse de l’ICANN dénombre 21 réponses déposées dans le délai et deux contributions tardives acceptées, soit 23 au total. Il confirme désormais la préparation d’un deuxième projet qui sera lui aussi soumis au public.
Cette décision ajoute une occasion utile de tester la proposition. Elle crée aussi une obligation pratique de clarté. Le rapport annonce en effet que la prochaine version tiendra compte des critiques et suggestions reçues tout en reflétant la poursuite des délibérations et l’évolution propre du groupe. Une partie des changements sera donc rattachable à une contribution identifiée ; une autre pourra provenir de sous-groupes, d’une discussion plénière ou d’un travail de conception engagé après la publication.
Le problème n’est pas que le groupe continue de réfléchir. C’est son rôle. Le commentaire public n’est ni un référendum ni un transfert d’autorité aux participants. Le problème apparaît lorsque deux trajectoires de modification se fondent dans un nouveau document sans laisser de trace structurée. Le lecteur voit alors le résultat, mais doit reconstituer seul la cause de chaque déplacement.
Le premier projet distribuait de nouveaux pouvoirs
Le texte de juin plaçait le futur système autour d’un ATR périodique, d’une revue structurelle, de revues à la demande et du nouveau comité de cadrage. L’Accountability and Transparency Review devait intervenir tous les cinq ans, à partir de la résolution du Conseil sur les recommandations précédentes, avec une date butoir calculée au plus tard douze mois après la remise du rapport final. La revue structurelle était inscrite sur une cadence de quinze ans encore présentée entre crochets et soumise à discussion.
Le RSC devait contribuer au lancement du cadrage, examiner les sujets possibles, évaluer les ressources, établir une liste restreinte, proposer un report et participer à la rédaction des chartes de revue. Autrement dit, il ne devait pas seulement administrer un calendrier. Il pouvait influencer l’entrée d’un sujet dans le système, l’étendue du mandat, le moment du contrôle et la quantité de travail jugée supportable.
Un tel centre de coordination peut réduire la duplication et améliorer la préparation. Il peut également devenir un point de filtrage. Tout dépend des limites de son mandat, de sa composition, de la gestion des conflits, de la publication de ses motifs et de la possibilité de contester ou de corriger ses évaluations.
Les contributions ont précisément mis ces éléments sous tension. Le résumé officiel constate un soutien assez large au principe d’une coordination centrale, mais aussi des réserves sur le risque que le RSC devienne un gardien d’accès ou un organe de supervision. Plusieurs répondants ont demandé de mieux distinguer les responsabilités des organisations de soutien et comités consultatifs, du Conseil, de l’organisation ICANN et du RSC. D’autres ont interrogé la représentation du GNSO, la participation individuelle, les conflits d’intérêts et la concentration durable des décisions dans un petit cercle.
Dire que le texte a été « clarifié » ne permettrait pas de savoir si le pouvoir a réellement changé. Le deuxième projet doit montrer si une compétence a été supprimée, fractionnée, soumise à un seuil, assortie d’une publication obligatoire ou simplement reformulée.
Les commentaires n’offraient pas une solution unique
Le rapport de synthèse décrit un accord général sur la nécessité de moderniser les revues et de réduire les chevauchements. Cet accord s’arrête avant les choix les plus sensibles.
Plusieurs groupes ont souhaité conserver une revue distincte consacrée à la sécurité, la stabilité et la résilience, en raison de son lien avec la mission de l’ICANN. Le SSAC a toutefois considéré que le compromis du projet pouvait maintenir un examen prévisible et visible de ces sujets. D’autres répondants ont estimé que l’ATR et les revues à la demande pourraient traiter SSR, RDS et CCT sans nouveau circuit périodique. La synthèse montre donc une divergence de conception, pas un résultat à compter à main levée.
La cadence de quinze ans de la revue structurelle a elle aussi suscité des positions contraires. Des contributions ont réclamé une méthode plus précise, des compétences définies, des étapes plus lisibles et des dates de début et de fin vérifiables. Les revues à la demande ont été saluées pour leur souplesse, mais leur multiplication possible et l’absence de garantie périodique pour certains sujets ont alimenté d’autres inquiétudes.
L’organisation ICANN a demandé une architecture de décision plus claire, un cadrage plus simple, un noyau d’indicateurs comparable d’un ATR à l’autre, des garanties sur le volume de revues simultanées et des recommandations liées à des constats et à des résultats mesurables.
Une synthèse thématique est utile pour naviguer dans ce matériau. Elle ne remplace pas les textes déposés, ce que le rapport reconnaît expressément. Surtout, elle ne constitue pas encore un registre des décisions : elle indique les controverses, pas leur traitement disposition par disposition.
Les recommandations du 28 août montrent pourquoi la traçabilité est urgente
Après la clôture de la consultation, les appels publics du CCG ont poursuivi l’examen du but des revues, de l’ATR et de la revue structurelle. Le 28 août, le sous-groupe chargé des calendriers a présenté un ensemble de recommandations à discuter par le groupe complet.
Il propose que le cadrage d’un ATR commence cinq ans après l’achèvement de l’action du Conseil sur le rapport précédent, ou douze mois après la remise de ce rapport si cette date arrive plus tôt. Il souhaite que le Conseil traite les recommandations d’un ATR en trois mois et celles d’une revue structurelle en quatre mois. En l’absence de décision achevée, un rapport public interviendrait au sixième mois, puis tous les trois mois.
Le sous-groupe écarte la simultanéité d’un ATR et d’une revue structurelle, mais autoriserait, sous certaines conditions de capacité, deux revues à la demande ou une revue programmée accompagnée d’une revue à la demande. Il maintient trente-six mois entre les revues programmées, prévoit douze mois pour le travail substantiel de l’ATR, conserve une cadence structurelle de quinze ans et fusionne deux phases de la revue structurelle dans une séquence de dix-huit mois. Le premier cycle commencerait par un ATR.
Ces choix n’ont pas encore la qualité d’une décision du CCG. Ils n’en sont pas moins matériels. Ils changent la relation entre le temps du Conseil et le départ du prochain examen, organisent l’attente, créent une obligation de compte rendu et fixent quelles activités peuvent se concurrencer. Si certains figurent dans le deuxième projet, le public doit savoir sous quel statut ils y sont entrés.
Un registre, pas un score de popularité
Le document requis peut rester compact. Chaque disposition importante recevrait un identifiant stable. Une ligne indiquerait le texte et la page du premier projet, les contributions qui s’y rapportent, les propositions ultérieures, l’origine de chaque élément et son traitement : accepté, partiellement accepté, rejeté, reporté, remplacé, hors périmètre ou toujours ouvert.
La même ligne donnerait le motif, l’instance qui a tranché, l’emplacement dans le deuxième projet et l’effet sur l’autorité, les seuils, les délais, la représentation, le financement, la simultanéité ou la mise en œuvre. Elle signalerait aussi toute question nouvelle introduite après la première consultation et conserverait les avis minoritaires ou les options non résolues.
Deux annexes renforceraient le dispositif. Un registre des questions ouvertes nommerait les alternatives, les responsables du suivi et le moment prévu pour la décision. Une carte des droits de décision séparerait le consensus interne du CCG, l’appui ultérieur des SO/AC, l’examen par le Conseil, une éventuelle modification des statuts, l’exécution par l’organisation et les décisions opérationnelles futures.
Ce registre ne donnerait aucune voix supplémentaire à un commentateur. Il pourrait refuser une proposition soutenue par plusieurs répondants, à condition d’indiquer pourquoi et par quelle autorité. Il pourrait retenir une observation isolée sans prétendre que son auteur représente le public. La traçabilité ne transforme pas la consultation en scrutin.
Éviter que la comparaison devienne un métier d’initié
En l’absence de tableau de correspondance, le participant à la deuxième consultation devra comparer trente pages de projet, 23 contributions, quinze pages de synthèse, des comptes rendus, des messages de liste et des schémas de sous-groupes. L’effort favorise les personnes disposant d’une équipe, de temps et d’une mémoire institutionnelle. Les autres reçoivent le nouvel objet sans son histoire de fabrication.
Le risque est particulièrement visible lorsqu’une modification crée une question qui n’existait pas dans le premier texte. Une nouvelle règle de simultanéité ou un nouveau déclencheur temporel ne peut pas être évalué comme la simple réponse à un ancien commentaire. Le dossier doit dire qu’il s’agit d’un élément nouveau et rouvrir clairement l’examen sur ce point.
La charte conserve déjà une séparation utile. Les membres du CCG siègent à titre individuel ; ils ne lient pas leurs groupes de nomination. Les SO et AC décideront ensuite, selon leurs propres procédures, de soutenir ou non les recommandations. Le Conseil interviendra à un autre stade. Le registre de modifications ne déplace aucune de ces compétences. Il donne à tous les détenteurs d’autorité le même dossier de preuve.
La deuxième consultation est donc une occasion de méthode. Une version réécrite montre la destination. Un registre public montre le trajet, les embranchements et les décisions qui restent à prendre.
Sources
- Consultation publique de l’ICANN sur le premier projet
- Rapport de synthèse des commentaires publics, 25 août 2026
- Premier projet du Review of Reviews, 25 juin 2026
- Charte du CCG Review of Reviews
- Recommandations du sous-groupe calendrier, 28 août 2026
- Ordre du jour de l’appel 44 du CCG
- Procès-verbal de l’OEC, 23 juillet 2026
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