Résumé
- LACNIC prévoit pour décembre 2026 la première étape de la sous-attribution d’IPv4 à des tiers prévue par LAC-2025-5. Elle sera limitée aux membres directs d’un même organisme : gestion directe de LACNIC, NIC México ou NIC.br. La deuxième étape, entre organismes, reste sans date.
- Le système vérifiera le bloc et les besoins du bénéficiaire; l’accord économique sera conclu directement entre les parties, hors de MiLACNIC. La politique ratifiée exige une inscription dans le WHOIS, un journal public des débuts et fins de sous-attribution et deux restrictions de trois ans.
Sur la diapositive décisive, le trait qui compte est celui qui manque. Alfredo Verderosa a présenté à LACNIC 46 un calendrier de mise en œuvre de la nouvelle sous-attribution d’IPv4. « Décembre 2026 » surplombe trois cases : LACNIC en gestion directe, NIC México et NIC.br. À ce stade, chacun travaille avec ses propres membres directs. Les flèches entre les cases n’apparaissent que dans la deuxième étape, assortie de la mention « date à définir ». La politique a une portée régionale; son premier couloir opérationnel aura trois portes distinctes.
Pour le petit fournisseur d’accès qui cherche un bloc, cette géométrie peut décider du choix du partenaire. Un détenteur inscrit auprès de LACNIC et un bénéficiaire relevant d’un registre national n’auront pas, dans la première version, de procédure entre eux. Le dessin ne donne aucun mois pour cette liaison future. Il décrit une séquence de déploiement, avec des frontières institutionnelles qui auront un effet immédiat sur l’offre disponible. Une règle commune ne suffit pas à relier les bases de données ni les chaînes de responsabilité.
Le dossier officiel LAC-2025-5 porte encore la mention Ratified et date la ratification du 24 mars 2026. L’exposé d’octobre fixe un objectif de lancement pour la première étape, sans annoncer de jour précis, de transaction réalisée ou de journal public déjà alimenté. C’est une information de calendrier, non le reçu d’une opération en production. Les opérateurs pourront juger l’ouverture quand un parcours utilisable et ses premières traces seront publiés.
Le point de départ de LACNIC est une discordance entre la pratique et le registre. L’ancienne règle interdisait de confier des adresses IPv4 à des tiers hors de l’infrastructure du titulaire. Avec la rareté des adresses, des arrangements informels de « location » ont échappé à l’enregistrement, selon l’argumentaire de la politique. Le texte final crée un chemin encadré pour faire apparaître le bénéficiaire. Il le limite à la région de LACNIC, écarte la réserve destinée aux infrastructures critiques et fixe la taille du bloc entre /24 et /22. Le bénéficiaire doit posséder un ASN et de l’espace IPv6 attribués par LACNIC, justifier au moins 25 % d’utilisation ou de besoin immédiat, puis prévoir au moins 50 % d’utilisation dans un délai maximal d’un an. Le titulaire, lui, doit avoir un contrat de service en vigueur avec LACNIC ou le NIR concerné.
La présentation du processus sépare nettement le contrôle administratif du contrat commercial. Le titulaire choisit un bloc dans MiLACNIC ou le système du NIR; le bénéficiaire explique son besoin; des contrôles automatiques examinent les critères de la politique. L’accord économique se négocie directement entre les parties, hors de MiLACNIC. LACNIC et les registres nationaux encadrent l’éligibilité et la trace du mouvement. Rien dans ces diapositives ne leur attribue la fixation des prix ou l’encaissement. Le registre devient témoin de l’utilisation d’un numéro rare, pas caissier du marché.
Ce témoignage doit être précis. Le WHOIS reliera le bloc à l’ASN du bénéficiaire. Un journal public indiquera le bloc, cet ASN, la date et la nature de l’événement, début ou fin. La responsabilité finale de l’utilisation reste chez le membre qui propose le bloc. Il doit mettre fin à la sous-attribution si le bénéficiaire enfreint ses obligations; LACNIC peut révoquer des ressources selon ses règles. Le bénéficiaire ne peut pas les sous-attribuer à son tour. On pourra donc suivre l’usage sans laisser chaque maillon renvoyer la responsabilité au suivant.
La contrainte économique la plus lourde se lit dans les deux horloges de trois ans. Un bloc reçu directement de LACNIC ou par transfert doit attendre trois ans après sa réception avant d’être sous-attribué sous ce régime. Une organisation qui procède à une sous-attribution ne pourra demander de nouvel IPv4 ni recevoir un transfert pendant trois ans à compter de sa dernière opération. Une nouvelle opération relance cette seconde horloge. Mettre un bloc à disposition aujourd’hui réduit ainsi la liberté de se réapprovisionner demain. C’est une contrepartie plus tangible qu’une case supplémentaire dans un formulaire.
L’échéance de décembre permettra de vérifier si les trois circuits internes fonctionnent, si les conditions sont réellement contrôlées et si le WHOIS et le journal public racontent le même événement. La liaison entre LACNIC et les NIR demandera son propre calendrier et ses propres preuves de fonctionnement. Sur la diapositive, la deuxième étape reste une flèche sans date. Pour ceux qui cherchent des adresses de part et d’autre de cette frontière, c’est la partie la plus importante du dessin.
Sources : présentation originale de LACNIC 46 ; texte final et historique de LAC-2025-5 ; programme officiel de LACNIC 46.
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