Résumé

  • Les États-Unis se sont opposés aux propositions britanniques qui pourraient obliger les plateformes de réseaux sociaux et de partage de vidéos à accorder davantage de visibilité à certains médias d’information
  • Le Royaume-Uni n’a pas encore décidé quels éditeurs seraient considérés comme dignes de confiance ni comment les plateformes devraient leur donner cette visibilité supplémentaire

Les faits

Le gouvernement des États-Unis a contesté une proposition britannique qui pourrait obliger les plateformes de réseaux sociaux à accorder davantage de visibilité à certains médias d’information. Dans une réponse datée du 2 septembre, Washington a fait part de ses inquiétudes quant à la manière dont le Royaume-Uni déterminerait quelles organisations seraient considérées comme dignes de confiance et quant aux effets possibles des règles sur les éditeurs indépendants et les entreprises technologiques américaines.

Cette proposition est issue du livre vert du Royaume-Uni sur les médias, publié en juin. Celui-ci envisage une législation qui pourrait obliger les plateformes de réseaux sociaux et, éventuellement, les plateformes de partage de vidéos à rendre les contenus d’actualité des médias de service public et d’autres éditeurs nationaux et locaux répondant aux critères plus visibles et plus faciles à trouver. Le gouvernement estime que tout dispositif devrait être souple et fondé sur les résultats, sans imposer une méthode technique particulière.

Le Royaume-Uni n’a pas encore défini les critères permettant d’identifier un média d’information digne de confiance. Le gouvernement a indiqué que la définition d’un « éditeur d’information reconnu » figurant dans l’Online Safety Act pourrait servir de point de départ. Les groupes d’édition britanniques et la National Union of Journalists ont également mis en garde contre le fait de laisser l’État décider quels contenus journalistiques bénéficient d’un traitement préférentiel.

L’analyse

La question concrète est de savoir comment une règle applicable aux médias serait transformée en fonctionnalité de plateforme. Si le Royaume-Uni va de l’avant, les plateformes devront pouvoir identifier les éditeurs répondant aux critères, associer ce statut à leurs comptes et à leurs contenus, puis rendre ces contenus plus faciles à trouver pour les utilisateurs au Royaume-Uni.

Le gouvernement n’a pas précisé si cela nécessiterait de modifier le classement des fils d’actualité, les résultats de recherche, les rubriques d’actualité dédiées ou une autre partie de l’interface. Il examine également si la mise en avant devrait s’appliquer en permanence ou seulement pendant certaines périodes, par exemple lors d’élections, de troubles à l’ordre public ou d’autres crises.

La définition d’un média d’information digne de confiance ne relève donc pas seulement d’un débat politique. Avant de pouvoir concevoir ou tester un système correspondant, les plateformes doivent savoir quelles organisations répondent aux critères, quand la règle s’applique et quel niveau de visibilité est considéré comme conforme.

Pour les lecteurs de BTW, l’évolution importante serait que la réglementation devienne un paramètre des systèmes qui déterminent ce que voient les utilisateurs. Les règles définitives détermineront l’ampleur des modifications que les plateformes devront apporter à ces systèmes spécifiquement pour le Royaume-Uni.

À surveiller

Il faudra surveiller la publication du livre blanc prévu par le gouvernement et toute définition d’un média d’information digne de confiance. Les principaux éléments seront les plateformes concernées, le caractère permanent de la mise en avant ou son déclenchement par des événements précis, les moyens dont disposeront les utilisateurs pour la contrôler et la façon dont la conformité sera mesurée. Ces décisions montreront ce que les plateformes devront effectivement mettre en place ou modifier.