Résumé

  • Le 28 février 1995, Merit fixa au 30 avril la fin du service de dorsale NSFNET dans des sites nommés et quatre points d’accès réseau.
  • Le même avis précisait que de nombreux destinataires dépendaient déjà d’un autre réseau pour leur voie principale : l’échéance clôturait un service au sein d’une migration déjà engagée.

NSFNET ne s’est pas éteint par un unique basculement. Le 28 février 1995, Elise Gerich, de Merit, transmit au groupe NANOG un préavis officiel de résiliation de 60 jours. Il fixait une échéance nette : le 30 avril à minuit, selon le fuseau horaire de chaque site. Une phrase en modifiait toutefois la lecture : « de nombreux » destinataires dépendaient déjà d’un autre réseau comme voie principale de communication.

Cette phrase atteste que le déplacement avait commencé avant la fin du contrat. Elle ne dit pas combien de réseaux avaient changé, ni quelles routes chacun utilisait, ni si tous les itinéraires étaient déjà modifiés. Le terme « nombreux » reste qualitatif. Il appuie l’idée d’une transition en cours, pas celle d’un Internet entier transféré en un instant.

L’avis énumérait des sites de service réseau (ENSS), de Palo Alto à Seattle et de Cambridge à College Park. Il couvrait aussi la cessation du service aux points d’accès réseau d’Ameritech, MFS, Pacific Bell et Sprint. Le site d’Atlanta, ENSS 138, n’y figurait pas : un préavis antérieur le concernait déjà. Le texte fixait donc un calendrier pour des services et installations identifiés, pas l’arrêt général de tout ce que le nom NSFNET pouvait désigner.

La National Science Foundation avait préparé une nouvelle architecture dès 1993. Sa sollicitation 93-52 prévoyait des points d’accès réseau, un arbitre de routage, des fournisseurs régionaux et une dorsale distincte à très haut débit pour la recherche. Le document organisait les fonctions et les marchés publics ; il ne prouve pas, à lui seul, comment chaque réseau a effectivement migré.

La précision est importante, car NSFNET recouvrait plusieurs réalités : le programme, le service de dorsale nationale, les réseaux régionaux qui s’y raccordaient et les services de recherche associés. Merit situe la fin du service de dorsale en avril 1995, tandis que son récit ultérieur prolonge le démontage final jusqu’en avril 1996. Fin du service et démontage physique ne sont pas synonymes.

Le réseau public n’a pas commencé le 1er mai. Les fournisseurs commerciaux et d’autres réseaux transportaient déjà du trafic, comme le reconnaît l’avis. Après le 30 avril, les échanges ont continué sur des dorsales régionales et commerciales. NSF soutenait aussi un service séparé pour certaines applications de recherche. Une frontière institutionnelle s’est déplacée ; le réseau plus vaste, lui, a continué de fonctionner.

La conclusion est donc plus précise que « le gouvernement a arrêté Internet ». NSF mit fin à un service de dorsale financé par la fondation, selon un calendrier par site, après avoir conçu une nouvelle architecture et alors que certains réseaux avaient déjà déplacé leur route principale. Les opérateurs devaient encore coordonner leurs connexions. Les archives donnent une date et certains contours du passage, mais pas un registre complet des migrations route par route.

La note 65 de Heng Lu, « Running-Code Primacy », peut inspirer une question éditoriale sur la continuité opérationnelle lors d’un changement institutionnel. Elle n’est pas une preuve historique. Les sources de l’époque étayent une conclusion plus limitée : une échéance commune peut organiser la transition sans rendre simultanés les changements de chaque réseau.

Sources