Résumé

  • Island Roadhouse prévoit un campus de centres de données dans le Missouri, avec jusqu’à 154 MW de capacité informatique commercialisable à partir de 2034
  • La chaleur récupérée pourrait être vendue à des utilisateurs voisins, tandis que le campus est conçu pour assurer son refroidissement sans dépendre d’une demande extérieure de chaleur

Les faits

Island Roadhouse Data Centers a détaillé le 9 septembre les plans d’un campus dans le Missouri combinant un projet de production nucléaire sur site, un refroidissement à faible consommation d’eau et la vente de chaleur récupérée à des utilisateurs voisins. La phase initiale vise jusqu’à 154 MW de capacité informatique commercialisable et une mise en service commerciale à partir de 2034.

La conception du refroidissement combine une circulation directe d’eau tiède jusqu’aux puces avec un rejet de chaleur à sec. Island Roadhouse indique que des utilisateurs extérieurs pourraient acheter la chaleur récupérée par l’intermédiaire d’un réseau thermique, des tiers finançant et exploitant leurs propres installations utilisant cette chaleur. Le centre de données conserverait une capacité de refroidissement indépendante suffisante pour rejeter la totalité de sa charge thermique si aucun client n’utilisait la chaleur récupérée.

Dans ses orientations, US Department of Energy cite le refroidissement à eau tiède et la réutilisation de la chaleur parmi les options permettant de récupérer l’énergie thermique utile des systèmes informatiques, mais ces orientations n’établissent pas les performances de ce projet. Le projet de production nucléaire nécessiterait également un examen réglementaire avant sa construction et son exploitation. Island Roadhouse n’a communiqué, pour une installation en exploitation, aucune donnée mesurée sur la consommation d’eau ou la performance carbone, ni aucun résultat de récupération de chaleur.

L’analyse

La conception dissocie deux décisions: la manière de refroidir les serveurs et le fait qu’un utilisateur voisin achète ou non la chaleur qui en résulte. Un acheteur de chaleur peut modifier son calendrier d’exploitation, réduire sa demande ou ne jamais signer de contrat. Si le centre de données peut rejeter seul la totalité de sa charge thermique, ces événements ne deviennent pas automatiquement des problèmes de refroidissement pour l’installation informatique.

Cette séparation influe également sur la manière d’évaluer les revenus tirés de la chaleur. Une capacité thermique disponible n’équivaut pas à des ventes sous contrat. Avant que les revenus tirés de la chaleur puissent être intégrés au modèle économique du projet, Island Roadhouse aurait besoin d’un acheteur, d’un raccordement et de conditions commerciales compatibles avec la température et la disponibilité de la chaleur fournie. D’ici là, le campus peut être évalué selon sa capacité à fonctionner sans ces revenus.

Pour les lecteurs de BTW, le critère essentiel est le scénario sans demande extérieure de chaleur: le campus peut-il respecter son engagement de refroidissement lorsqu’aucun utilisateur voisin ne récupère la chaleur? Si c’est le cas, un contrat thermique conclu ultérieurement peut être considéré comme un usage supplémentaire et une source de revenus additionnelle, plutôt que comme un élément de la chaîne de refroidissement. L’objectif de 2034 dépend encore de la réalisation du projet dans son ensemble, notamment de l’obtention des autorisations nucléaires.

À surveiller

Il faudra surveiller les preuves techniques montrant que le campus peut rejeter la totalité de sa charge thermique sans qu’un utilisateur extérieur ne prélève de chaleur, puis l’identification d’un acheteur de chaleur et la conclusion d’un accord de raccordement. L’avancement des procédures d’autorisation nucléaire et des travaux de construction déterminera séparément si le campus proposé peut atteindre son objectif de mise en service en 2034.