Résumé

  • En août 2005, le succès de BugGuide déborde le serveur et les loisirs de Troy Bartlett ; le site trouve ensuite un hébergement à Iowa State University.
  • En 2011, 155 éditeurs bénévoles entretiennent 33 552 pages. Le site a également doublé ses cœurs de processeur pour absorber la charge.

Troy Bartlett avait créé un site pour partager son goût des insectes. Deux ans plus tard, il cherchait surtout à lui trouver une nouvelle maison. Le bulletin d’Iowa State University de janvier 2007 résume la situation d’août 2005 en quelques mots : le succès débordait « à la fois le serveur et le temps libre de Troy ». Voilà un loisir qui avait appris à se servir tout seul.

BugGuide avait démarré en 2003. John VanDyk prit contact avec Bartlett, et tous deux transférèrent le site au centre de données du département d’entomologie. La petite collection de photos avait besoin d’un autre toit.

Le nom du visiteur compte moins que celui du visiteur à six pattes

Le service reposait sur une opération précise. Après identification, la photo rejoignait sa place dans la classification du guide. L’auteur obtenait un renseignement ; le site conservait un élément que les suivants retrouvaient en parcourant l’arbre.

La page d’aide du guide dans sa version de février 2008 explique cette circulation. Le visiteur inscrit dépose son image dans la rubrique des demandes d’identification. Si la contribution justifie une nouvelle page, l’équipe la crée et y déplace le contenu. La création reste une décision éditoriale ; le classement, lui, fait partie du service rendu.

Pour comprendre son intérêt, il suffit de regarder les deux vues proposées. La navigation affiche les branches immédiatement inférieures. L’onglet des images rassemble les photos de tous les niveaux descendants. On peut donc resserrer la recherche par étapes ou observer une parenté plus large. Le lecteur qui ignore le nom à taper dispose déjà d’un moyen d’avancer.

Autre détail révélateur : les liens réunissent des références de la page, de ses ancêtres et de ses descendants. Une page spécialisée reste entourée de ressources plus générales. Le guide distribue ainsi les renseignements selon plusieurs échelles, au lieu de laisser chaque photographie se débrouiller seule.

La récompense : davantage de travail

Les membres proposent images, livres, liens et commentaires. Pour créer leurs propres pages, ils doivent recevoir les droits d’éditeur. L’aide décrit une invitation adressée aux contributeurs dont les recherches et les identifications témoignent régulièrement de soin. Le bon travail apporte donc une promotion assez particulière : la permission de s’occuper du travail des autres.

Le bulletin de 2007 compte déjà plus de 12 000 pages et de 75 000 images. Il décrit des éditeurs spécialisés, ainsi que des forums où se côtoient changements de classification, difficultés techniques et conseils de photographie. Un nom ajouté sous une image repose sur tout cet atelier.

En janvier 2011, le guide atteint 33 552 pages et plus de 380 000 images, entretenues par 155 éditeurs bénévoles. Le site a changé de serveur pour disposer de deux fois plus de cœurs de processeur. Une collecte de décembre réunit 4 000 dollars proposés par plusieurs donateurs, puis 4 700 dollars supplémentaires apportés par la communauté pour des améliorations à venir.

Ces moyens soutiennent des tâches différentes. Le serveur livre les pages. Les éditeurs construisent les chemins entre les photos. Le prochain visiteur profite de cette organisation sans avoir assisté à la première identification. Il lui suffit, à son tour, d’arriver avec une question qui marche sur six pattes.