Summary

Un carton peut décider de la géographie d'une carte. Pour installer une ancre physique RIPE Atlas, il faut un réseau prêt à recevoir et à garder la machine. Kisteleki avait une autre idée dans son plan de décembre 2017 : là où le boîtier arrive mal, une VM pourrait fournir un nouveau point d'observation.

Deux voies ont été tracées. La première devait essayer des fournisseurs de cloud public ; la seconde, des partenaires capables d'héberger une VM dans leur réseau. Chaque ancre virtuelle rejoindrait le maillage normal, serait mesurée par d'autres ancres et agirait comme sonde. Une étiquette permettrait aux chercheurs de la sélectionner ou de l'écarter. Ce petit détail empêche de confondre le regard d'un cloud avec celui d'un réseau d'accès.

En mai 2018, le RIPE NCC avait sa propre VM et travaillait avec Sander Steffann, Jared Mauch et Amazon. DigitalOcean a offert un face-à-face plus net : une VM proche d'une ancre physique. Le bilan de Kisteleki ne discernait pas de différence de performance dans les données analysées. Iñigo Ortiz de Urbina Cazenave, Michela Galante et Alun Davies y sont crédités pour leur contribution ; des hôtes volontaires ont fourni les lieux.

Stephen Strowes a regardé les détails dans son analyse RIPE Atlas. Sept jours de mesures, environ trois cents autres ancres, des pings et des requêtes HTTP : les médianes HTTP tournaient près de zéro différence, tandis que de petits écarts de ping subsistaient. La famille d'adresses et le trajet réseau pesaient souvent davantage. C'est un résultat utile, attaché à une paire de machines et à une semaine précise.

La VM a donc réussi l'épreuve des chiffres. Restait l'épreuve des personnes. Qui prépare la machine ? Peut-on la placer dans le réseau d'un tiers ? Combien d'ancres supplémentaires le stockage et le traitement peuvent-ils absorber ? Un hôte qui n'a pas acheté de boîtier prendra-t-il toujours soin de sa VM dans deux ans ? Kisteleki proposait de commencer par la solution où l'hôte fournit la VM, tout en demandant l'avis de la communauté sur les lieux, les quotas et l'entretien.

Le rapport annuel 2019 du RIPE NCC attribue déjà aux ancres virtuelles une extension de la portée d'Atlas. L'essai avait laissé une trace opérationnelle. Kisteleki avait déplacé une partie du matériel dans le logiciel ; il fallait encore que la responsabilité garde une adresse postale.