Summary

John Sweeting avait un problème de guichet. La règle 4.2.3.5 obligeait alors certains FAI à demander l’accord d’ARIN avant de réattribuer de gros blocs IPv4. Il évoqua plus de mille dossiers en 2016, dont environ 70 % concernaient des affectations internes, les « self-SWIPs ». ARIN ne distribuait plus d’IPv4 à partir d’un stock libre. Avec un prix attaché aux adresses, suggérait Sweeting, quel opérateur les gaspillerait volontairement ?

Howard a déplacé la scène de quelques mois. Imaginons, dit-il, un grand FAI qui donne des blocs confortables à chacune de ses divisions, alors que les prix paraissent encore modestes. Quand il voudra acquérir de nouvelles adresses par transfert, ses propres déclarations pourraient faire office de preuve d’utilisation. Le dossier serait propre ; la demande réelle, beaucoup moins évidente. C’était une mise à l’épreuve de l’incitation économique, pas un récit de fraude avérée.

Sweeting a alors montré l’autre guichet. Pour approuver un gros transfert au bénéfice de ce FAI, l’équipe examinerait l’ensemble de ses ressources, y compris les blocs réattribués à lui-même, et demanderait à nouveau des justifications. Le tampon posé hier sur une affectation ne constituerait pas un passeport automatique pour demain. Howard a compris et clos l’échange.

Le compte rendu conserve une petite discordance savoureuse, qu’il vaut mieux laisser visible : Sweeting parle d’environ 70 % d’auto-attributions ; Howard dit « 17 % » dans sa question. Aucune raison de transformer ce 17 en donnée officielle. Le cœur du débat est la succession des contrôles.

La suite a donné une issue concrète. La proposition ARIN-2017-13 demandait l’abrogation du contrôle préalable des grosses réattributions, au motif qu’un marché IPv4 coûteux décourageait déjà la distribution excessive. Le conseil d’administration l’a adoptée en mai 2018 ; la mesure est entrée en vigueur en juillet. Howard n’a pas empêché cette décision. Il a obligé la salle à préciser où l’examen sérieux d’un dossier de transfert aurait lieu.

La règle actuelle d’ARIN impose toujours la déclaration, sous sept jours, des sous-délégations IPv4 d’au moins /29. Déclarer une adresse, recevoir une autorisation préalable et prouver son utilisation lors d’un transfert sont trois opérations différentes. La question de Howard empêchait de les ranger sous une même étiquette commode.