Résumé
- Le projet individuel VAP a changé de titre le 24 octobre : ses « traces de décision d’IA de qualité probatoire » sont devenues des traces « auditables ». Son auteur reconnaît que l’admission d’une pièce relève de l’autorité compétente ou du tribunal.
- Le dispositif proposé permettrait de déceler la disparition d’une pièce après l’ancrage d’un lot. Une décision jamais enregistrée et sans trace indirecte échappe à cette vérification. Le texte ne recense aucune mise en œuvre externe connue ni aucun dossier VAP admis dans une procédure.
Le titre avait pris de l’avance sur le juge
Un titre peut vendre une conclusion avant même que les preuves arrivent. La version 01 du projet VAP promettait des traces de décision d’IA « evidentiary-grade ». La version 02, datée du 24 octobre 2026, retire cette formule et parle de traces « auditables ». Le journal des modifications donne la raison : l’autorité compétente ou le tribunal décide si une pièce est reçue comme preuve. C’est une correction de compétence, pas un simple coup de gomme éditorial.
Imaginons l’acheteur devant une démonstration. Un reçu signé apparaît, le registre conserve ses racines cryptographiques, le fournisseur présente une chaîne nette. L’acheteur a de bonnes raisons d’examiner cette chaîne. Il n’a aucune raison de laisser le fournisseur rédiger à l’avance la décision du futur destinataire. La première question porte sur l’intégrité d’un ensemble défini. La seconde porte sur ce que cet ensemble établit dans un litige précis. Le nouveau titre rend la frontière visible avant la signature du contrat.
VAP reste un Internet-Draft individuel actif. Le Datatracker de l’IETF précise qu’un tel dépôt n’emporte aucune approbation institutionnelle. L’auteur propose une architecture qui associerait la transparence SCITT, l’attestation RATS et les signatures COSE. Il ne crée pas ici de nouveau protocole. Le RFC 9943 donne à SCITT ses notions de déclaration signée, service de transparence, politique d’enregistrement et reçu. Les emprunter ne transforme pas automatiquement VAP en standard de l’IETF. C’est l’assemblage proposé qui doit être discuté et éprouvé.
Le lot scellé et la décision invisible
La version 02 formule plus précisément son ambition sur les omissions. Un lot ancré lierait au minimum le nombre d’enregistrements, les identifiants du premier et du dernier et l’identifiant de la politique de production. Si un opérateur présentait ensuite une histoire amputée d’une entrée déjà engagée, le contrôle pourrait révéler la discordance. Une suite d’identifiants trouée donnerait un autre indice. La propriété est précieuse lorsqu’une institution redoute qu’un registre soit réécrit après l’incident.
Mais le lot ne contient que ce qu’on lui a remis. Si une action n’est jamais déposée et qu’aucune demande enregistrée, aucune réponse attendue ou aucun autre témoignage ne l’implique, le calcul n’a rien à comparer. L’auteur le dit désormais sans détour. Déclarer à l’avance la population des événements attendus, ou la règle qui la produit, figure parmi les travaux possibles de demain. Le responsable de la capture garde donc aujourd’hui un pouvoir que le meilleur reçu ne neutralise pas : choisir le bord du cadre.
L’ancrage externe ajoute une résistance à la réécriture. Le cahier d’exigences VSO auquel le projet renvoie prévoit, à chaque niveau de conformité de ce cahier, la publication des racines de lots signées vers un système extérieur et un plan de continuité des ancrages. La fréquence retenue appartient au profil de domaine. Elle détermine la fenêtre pendant laquelle un lot attend encore sa fixation hors du contrôle de l’opérateur. Une autorité d’horodatage peut attester l’existence d’une racine à une date ; il faut d’autres arrangements pour repérer deux vues incompatibles montrées à deux destinataires.
Le choix du témoin compte autant que la beauté de la chaîne.
La nouvelle section consacrée aux réalisations tranche avec le ton habituel des présentations commerciales. Le texte indique aucune réalisation externe connue de VAP ou d’un profil VAP et aucun Evidence Pack reçu dans une procédure réglementaire, judiciaire ou d’audit. L’outillage de recherche de l’auteur emploie des cas synthétiques ; une reproduction indépendante n’est pas établie. Voilà l’état publiquement annoncé du projet, sans verdict sur une future version. Une expérience extérieure reproductible et une première procédure nommée changeraient cette appréciation.
Le chemin institutionnel reste lui aussi à parcourir. L’auteur souhaite présenter le sujet à SecDispatch, recueillir les réactions de SCITT et de RATS, puis choisir le lieu éventuel d’un travail collectif. L’architecture n’a donc pas encore de mandat de groupe de travail. Le mot retiré du titre oblige à respecter ce calendrier : un dépôt, une vérification technique, une adoption institutionnelle et l’admission d’une pièce sont quatre actes différents.
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