Résumé
- Selon Solutions30, un contrat de déploiement de fibre en France a rapporté 117,6 millions d’euros en 2025 tout en affichant une marge opérationnelle négative. Le groupe prévoit d’achever sa sortie et la restructuration associée fin 2026 ; il n’a publié ni le client, ni la perte propre au contrat, ni les économies attendues.
- Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires a baissé de 11,1 % à périmètre retraité, tandis que l’EBITDA ajusté reculait de 46,3 % et que sa marge perdait 280 points de base, à 4,2 %. La France reste déficitaire. Ces chiffres décrivent une transition en cours, pas la preuve que l’abandon du contrat restaurera la rentabilité du groupe.
Le chiffre d’affaires est connu, l’économie du contrat ne l’est pas
Le chiffre déterminant dans la sortie de Solutions30 de la fibre française n’est pas les 117,6 millions d’euros facturés en 2025. C’est la marge que l’entreprise cessait de gagner sur ces travaux — et le groupe ne l’a pas publiée.
Le 3 août, la société de services de terrain a annoncé qu’elle arrêterait progressivement un important contrat de déploiement de fibre optique en France. Il représentait environ 38 % de ses revenus français et 13 % de son chiffre d’affaires consolidé en 2025. Solutions30 précise que sa marge opérationnelle était devenue négative. Le 17 septembre, ses résultats semestriels ont rappelé que le contrat constituait la principale source de pertes du groupe et fixé à la fin de 2026 l’objectif de sortie et de restructuration. Le client, les conditions tarifaires, les coûts directs et les flux de trésorerie propres au contrat restent inconnus.
Cette distinction est essentielle. 117,6 millions d’euros mesurent des ventes, pas la valeur détruite. Une marge opérationnelle négative indique que, selon la mesure de l’entreprise, l’activité ne couvrait pas les coûts qui lui étaient imputés. Elle ne révèle ni l’ampleur de la perte, ni les coûts qui disparaîtront avec le contrat, ni les équipes, véhicules ou implantations locales qui pourront être redéployés. La décision de se retirer peut être justifiée sans que son résultat financier soit déjà établi.
Le pont financier du semestre reste négatif
Solutions30 a publié 400,3 millions d’euros de chiffre d’affaires pour les six mois clos en juin, soit 11,1 % de moins que le chiffre retraité de la période comparable. La croissance organique était de -13,6 % ; les acquisitions ont apporté 2,6 %. La comparaison est retraitée pour exclure le Royaume-Uni et l’activité télécom cédée en Espagne, conformément à IFRS 5.
L’EBITDA ajusté a chuté de 46,3 %, à 17 millions d’euros, et sa marge est passée de 7 % à 4,2 %. L’EBIT ajusté est passé d’un bénéfice de 5,2 millions à une perte de 6,3 millions. Le groupe attribue surtout le recul des marges à la sortie du contrat français et, dans une moindre mesure, à des coûts ponctuels liés au repositionnement en Allemagne. L’amélioration annoncée pour l’Allemagne au second semestre ne constitue pas une preuve d’économies en France.
La France a réalisé 120,6 millions d’euros de revenus, en baisse de 21,9 % (28,7 % en organique), et un EBITDA ajusté de -1,2 million, soit une marge de -1 %. Solutions30 indique aussi que la réorganisation liée au contrat télécom a eu des effets indirects sur son activité Énergie française. La publication établit que l’ensemble de l’activité française n’était pas encore repassé dans le vert ; elle ne ventile pas cette perte entre le contrat, la restructuration, l’énergie ou d’autres services.
La perte nette attribuable au groupe s’est creusée à 24,5 millions d’euros, contre 16,8 millions. Elle a été en partie compensée par 7,1 millions d’euros de produit opérationnel non récurrent lié à la déconsolidation et à la liquidation des entités exploitant le contrat. Le groupe a également comptabilisé 9,3 millions de charges opérationnelles non récurrentes, dont des coûts de restructuration et de réduction des effectifs dans plusieurs activités. Aucun de ces postes ne mesure à lui seul la contribution récurrente du contrat ou les économies de trésorerie réalisables après sa sortie.
La trésorerie n’offre pas de raccourci. Le flux de trésorerie disponible s’établissait à -25,5 millions d’euros, moins négatif que les -29,1 millions de l’an dernier ; après les effets de trésorerie liés aux contrats de location, le flux net était de -41,3 millions, contre -45,3 millions. Pourtant, la dette bancaire nette a atteint 67,1 millions d’euros fin juin, contre 36,3 millions fin décembre, et la trésorerie disponible est tombée à 46,3 millions. Solutions30 invoque les dépenses de transformation, la saisonnalité habituelle du besoin en fonds de roulement et une baisse de 16 millions du factoring sans recours.
La dette nette totale, qui inclut les contrats de location et des obligations potentielles liées aux compléments de prix, atteignait 119 millions d’euros : ce n’est pas la même mesure que la dette bancaire nette.
Sources
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