Résumé

  • Le 9 septembre, cinquante-neuf centrales électriques indiennes au charbon avaient des stocks de combustible à un niveau critique, contre 45 fin août
  • L’Inde disposait toujours d’importants stocks de charbon à l’échelle nationale, ce qui montre que l’offre disponible et le combustible déjà livré aux centrales électriques sont deux indicateurs distincts

Les faits

Reuters a indiqué que cinquante-neuf centrales électriques indiennes au charbon avaient des stocks de combustible à un niveau critique le 9 septembre, contre 45 fin août.

Cette classification s’applique lorsque le stock de charbon d’une centrale tombe en dessous de 25 % du niveau normatif requis. Cela ne signifie pas que la centrale a cessé de produire de l’électricité.

D’autres chiffres gouvernementaux évaluaient les stocks totaux de charbon de l’Inde à 123,7 millions de tonnes, dont environ 100 millions de tonnes dans les mines ou en transit et 23,7 millions de tonnes dans les centrales thermiques. Le ministre du Charbon G. Kishan Reddy a déclaré que les ministères coordonnaient les livraisons au quotidien, le transport routier venant compléter les acheminements ferroviaires dans un contexte de demande accrue et de perturbations liées à la mousson.

Un relevé de la Central Electricity Authority daté du 7 septembre avait recensé 61 centrales aux stocks critiques. Le chiffre ultérieur de 59 montre que la situation peut changer à mesure que les livraisons arrivent, plutôt que d’évoluer régulièrement dans une seule direction.

L’analyse

Le charbon disponible quelque part dans la chaîne d’approvisionnement nationale n’est pas la même chose que le charbon déjà stocké dans une centrale électrique. Une centrale peut avoir de faibles stocks même si des volumes importants restent dans les mines ou sont encore acheminés par train ou par route. Pour un exploitant de centres de données, les conditions locales de livraison du combustible et d’approvisionnement en électricité comptent donc davantage que le seul stock national.

Le chiffre de 59 centrales ne signifie pas non plus que 59 centrales sont à l’arrêt. Les stocks peuvent se reconstituer à mesure que les livraisons arrivent, et le nombre avait déjà reculé par rapport aux 61 recensées deux jours plus tôt. Un relevé ponctuel ne doit pas être interprété comme une prévision de coupures de courant généralisées.

Pour les lecteurs de BTW, la question concrète est de savoir si le charbon parvient aux centrales qui contribuent à l’alimentation électrique d’un site. Les avis des fournisseurs d’électricité, les conditions locales de production et les évolutions ultérieures des stocks des centrales constitueraient des signaux plus fiables d’un problème de continuité que le seul total national de charbon.

À surveiller

Il faudra surveiller les prochains chiffres de stocks, centrale par centrale, et vérifier si les livraisons ferroviaires et routières permettent de reconstituer les stocks des centrales concernées. Pour les exploitants de centres de données, les alertes des fournisseurs d’électricité, les réductions de production ou les changements touchant l’approvisionnement électrique sous contrat seraient des signes de risque plus directs que le seul nombre de centrales aux stocks critiques.