Résumé

  • Dans le guide officiel de la campagne 2026, la question 161 exige une lettre de soutien ou de non-opposition de l'autorité compétente pour certains noms géographiques. La colonne « publication » indique « non ». Pour les attestations d'appui aux candidatures communautaires, la question 156 indique « oui ».
  • Le communiqué du GAC daté du 26 octobre demande à ICANN et aux candidats de faire leur possible pour rendre ces pièces accessibles dans les limites permises. L'enjeu porte sur la trace publique du consentement qui ouvre une étape d'évaluation, pas sur un changement de règle déjà adopté.

Une autorisation dans le dossier, une case vide pour le lecteur

À quel moment une lettre devient-elle plus importante que le nom qu'elle accompagne ? Quand le nom convoité désigne un lieu. Le candidat doit parfois convaincre une autorité publique de signer, puis faire vérifier cette signature par ICANN. Pourtant, la réponse destinée au public ne contient pas nécessairement la pièce qui a permis ce passage. Le Guide de candidature 2026 le dit dans un tableau sans aucune éloquence : question 161, lettres des autorités pour les noms géographiques ; publication publique, « No ».

La même annexe traite autrement l'appui à une candidature communautaire. La question 156 sollicite les attestations écrites des organismes concernés et porte « Yes » dans la colonne de publication. Il s'agit de procédures différentes, mais le contraste donne une excellente question de reportage : pourquoi le public voit-il la revendication d'appui d'une communauté, alors que la lettre d'une administration peut rester hors du dossier publié ?

Le communiqué de Bali du GAC, daté du 26 octobre, met précisément le doigt sur cette pièce. Il attend d'ICANN et des candidats des efforts pour rendre disponibles les documents de soutien ou de non-opposition liés aux noms géographiques et aux candidatures communautaires, dans la mesure où leur divulgation est permise. C'est une demande mesurée. Elle ne change pas d'un trait la case 161 ; elle donne aux responsables de la publication un problème vérifiable à résoudre.

La page officielle des versions désigne le guide V3 du 7 octobre comme texte faisant autorité. La divergence entre la case « non » et le souhait du GAC appartient donc à la campagne en cours. Ce n'est pas un vieux règlement oublié dans un tiroir.

La lettre n'est pas un ruban de cérémonie

Pour les noms géographiques, ICANN ne se contente pas de demander si le candidat coche la bonne catégorie. Le comité d'évaluation examine tous les noms soumis afin de repérer ceux qui relèvent des règles géographiques. Quand un soutien officiel est requis, il vérifie la pertinence de l'autorité, l'authenticité de la communication, le nom précis demandé et son usage annoncé. Le demandeur doit s'adresser aux autorités concernées ; chaque administration nationale détermine le niveau et l'organisme compétents. Aucune autorité n'est tenue de délivrer une lettre.

Si un soutien indispensable est retiré au cours de la procédure, l'examen du nom géographique échoue.

Le contenu écrit importe donc autant que le tampon. Un accord pour une chaîne précise ne vaut pas accord pour n'importe quelle variante. Une lettre trop ancienne doit être renouvelée selon la règle temporelle du guide. Si deux candidatures concurrentes invoquent des autorités publiques différentes pour le même lieu, le dossier peut passer par une évaluation prolongée avant le règlement de la concurrence. À chacune de ces étapes, la date, l'émetteur, la portée et les réserves de la lettre peuvent compter. Une simple mention « examen réussi » laisse le lecteur devant une porte close.

La candidature communautaire possède une autre mécanique. Le candidat présente les organismes qui le soutiennent et joint des attestations. L'évaluation de priorité communautaire juge la pertinence des soutiens et oppositions, leur lien avec la communauté et le contenu des preuves ; un tas de signatures ne suffit pas. La question 156 est désignée pour publication, mais cela ne garantit pas qu'une pièce jointe sorte intégralement sans masquage. ICANN distingue les parties publiques et confidentielles.

La rubrique d'aide du système APS le précise : les parties publiques des candidatures apparaissent au fil de la procédure, tandis que les parties confidentielles ne sont pas diffusées. Il faut donc une voie de divulgation concrète pour la lettre géographique classée « non » par défaut. Le communiqué du GAC ne fabrique pas cette voie ; il demande qu'on la cherche.

Publier ce qui autorise, expliquer ce qui reste couvert

La réponse utile n'est ni une mise en ligne indiscriminée ni une promesse générale de transparence. Un dossier intelligible montrerait la chaîne exacte : candidature et chaîne demandée, autorité qui répond, fonction du signataire, date, soutien ou absence d'opposition, conditions éventuelles, résultat de la vérification. Si une partie doit être retenue, une indication précise de la restriction éviterait que le silence se fasse passer pour un consentement sans limites.

Le prochain geste d'ICANN sera révélateur. La colonne de la question 161 changera-t-elle ? Une autre rubrique publique accueillera-t-elle les lettres autorisées ? Les candidats prendront-ils l'initiative de publier un document ou un extrait fiable relié à leur candidature ? Pour la question 156, que voit réellement le lecteur lorsque les attestations arrivent sur APS ? Ce sont des questions de champs, de dates et de pièces, pas de slogan.

Une autorité peut légitimement parler pour un lieu dans les limites prévues par le guide. Le public doit pouvoir reconnaître quelle autorité a parlé, pour quel nom et dans quels termes. Sinon, la décision circule sur Internet plus vite que sa justification.

Documents originaux