Résumé

  • Les quelque 300 millions de livres levés par DataVita sont une dette, dont une tranche bancaire de 252,5 millions est garantie à 80 %.
  • CoreWeave a contracté toute la capacité des deux centres pour quinze ans : la demande affichée repose sur un seul client.

Analyse

L’annonce met 300 millions de livres en gros titre. Dans les comptes, il s’agit d’un financement par dette. Le montage permet à DataVita d’agrandir DV1 et de construire DV3 dans la zone de croissance dédiée à l’IA du Lanarkshire. Le National Wealth Fund prend une part définie du risque de crédit ; il ne signe pas le chèque de construction à la place des prêteurs.

Sa garantie de 202 millions couvre 80 % des 252,5 millions prêtés par ING, ABN AMRO et Santander. Le Scottish National Investment Bank et Siemens Financial Services apportent le reste du financement, sans cette garantie. La protection publique est donc concentrée sur une tranche bancaire précise. Présenter les 202 millions comme la garantie de l’ensemble des 300 millions effacerait la frontière entre les risques couverts et ceux laissés aux autres financeurs.

Côté revenus, le fait le plus net est aussi celui qui appelle une pièce manquante : CoreWeave a réservé toute la capacité de DV1 et DV3 dans le cadre d’un bail de quinze ans. Le communiqué du National Wealth Fund ne donne ni loyer, ni minimum de paiement, ni calendrier d’amortissement de la dette, ni rémunération de la garantie. Sans ces chiffres, impossible de rapprocher les recettes contractuelles du service de la dette.

Le fonds présente cette opération comme son premier soutien à la capacité de calcul domestique. Il estime que les deux projets créeront environ 600 emplois pendant les travaux et près de 100 postes qualifiés permanents. Ces nombres concernent les deux centres financés. Les promesses d’emploi plus larges de la zone du Lanarkshire couvrent un programme plus vaste et ne doivent pas être attribuées à ce seul prêt.

La structure réunit dette bancaire partiellement garantie, financements non couverts et un client unique pour quinze ans. C’est un montage de crédit, pas un don public de 202 millions. Pour en mesurer la résistance, il faut connaître les mégawatts livrés, les conditions de mise en service du bail et le rang de chaque prêteur si le calendrier dérape.

Sources

l’annonce du National Wealth Fund et l’annonce du gouvernement britannique.