Résumé

  • AIB est passée d’une capacité électrique de 65 MW sans client locataire à un contrat ferme avec Nebius portant sur 50 MW de capacité informatique critique. Le contrat ne vaut pas engagement de financement des travaux.
  • Dans le modèle publié le 1er octobre, les 560 millions de dollars de dette de construction et les 140 millions de dollars de capital préférentiel sont indicatifs et n’ont pas encore été arrangés. Le montant des acomptes et les conditions de sortie du séquestre ne sont pas divulgués.

Les 1,32 milliard de dollars ne sont pas une attestation de financement. Le 30 septembre, AIB Data Centers a annoncé qu’une filiale détenue à 100 % avait signé avec Nebius Inc. un contrat ferme de services de colocation pour 50 MW de capacité informatique critique, dans un site non nommé du sud-est des États-Unis. La présentation aux investisseurs du 1er octobre estime à 1,32 milliard de dollars la valeur de la période initiale de douze ans.

Le statut commercial a bien changé depuis le 1er septembre : AIB disposait alors d’un contrat d’électricité de quinze ans couvrant 65 MW de charge réseau, mais n’avait signé aucun bail avec un client IA. Le nouvel accord matérialise une demande client. Il ne prouve ni l’achèvement des bâtiments, ni la clôture du financement, ni l’encaissement d’un loyer.

Le modèle indicatif d’AIB rend cette différence concrète. Pour un projet évalué à environ 800 millions de dollars, il prévoit 560 millions de dette de construction, 140 millions de capital préférentiel et 100 millions de fonds propres, les acomptes du client devant financer la part de fonds propres ordinaires d’AIB. La société précise que la dette et le capital préférentiel n’ont pas été arrangés, que ces chiffres ne constituent pas des prévisions et que la structure finale peut évoluer. Des fonds propres au niveau du projet pourraient encore être nécessaires.

Le montant de l’acompte qui soutiendrait ce schéma n’est pas public. AIB s’attend à ce que les acomptes, avec la dette et le capital préférentiel, couvrent une part substantielle des premiers coûts de développement. Elle ne précise ni leur montant ni les critères de libération des fonds placés sous séquestre. Le contrat complet n’étant pas publié, la mention d’une garantie de Nebius ne permet pas d’en déduire la portée ou les recours.

Le calendrier reste lui aussi prévisionnel : deux halls de 25 MW sont visés vers les dixième et quatorzième mois après le début prévu du service électrique, le 1er octobre. Le loyer démarre hall par hall et la période initiale de douze ans commence à la livraison du premier hall.

La prochaine preuve utile ne sera donc pas un nouveau montant contractuel, mais les actes de dette et de capital préférentiel, les conditions de l’acompte et du séquestre, les permis et l’avancement des travaux, puis la livraison et l’encaissement des loyers. Le contrat renforce le dossier commercial ; la porte du financement reste ouverte.

Sources : communiqué d’AIB du 30 septembre ; présentation aux investisseurs du 1er octobre.

Dépôts et contexte antérieur : Form 8-K du 30 septembre ; Form 8-K du 1er octobre ; Form 10-Q du trimestre clos le 30 juin.