• Le ministère allemand de l’Intérieur prépare un réseau Cyberdome de capteurs numériques dans le cadre d’un ensemble plus large de mesures antisabotage
  • Le gouvernement n’a pas encore précisé comment les opérateurs se connecteraient au système, partageraient des données ou réagiraient à ses alertes

Les faits

Le ministère allemand de l’Intérieur prépare un réseau national de capteurs numériques destiné à détecter les cyberattaques, dans le cadre d’un ensemble plus large de mesures antisabotage annoncé le 6 septembre. Le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a décrit le système prévu comme un « Cyberdome », destiné à protéger les pouvoirs publics et les entreprises. Le gouvernement n’a publié aucun plan technique détaillé ni indiqué que le système était déjà opérationnel.

Cet ensemble de mesures comprend également un renforcement de la protection contre les drones autour des infrastructures critiques, à la suite d’une tentative d’attaque par drone à l’aéroport de Leipzig/Halle en août. L’Allemagne a attribué cet incident à la Russie, qui nie toute implication. Les publications examinées ne précisent pas le budget de Cyberdome, son calendrier de déploiement, les organisations participantes, les règles de partage des données ni les responsabilités liées à la réponse aux alertes.

L’analyse

Si Cyberdome signale une activité suspecte dans un réseau électrique ou un réseau d’eau, l’alerte doit encore être vérifiée au regard de ce que l’opérateur peut observer localement. Il faut ensuite décider s’il convient de bloquer le trafic, d’isoler un système ou de le laisser fonctionner pendant l’enquête sur l’incident. La proposition ne précise pas encore qui prendrait ces décisions.

Cet aspect est important, car une fausse alerte pourrait interrompre un service légitime, tandis qu’une réponse trop lente pourrait laisser une attaque se poursuivre. L’Allemagne n’a pas indiqué quelles données les opérateurs transmettraient à Cyberdome, qui recevrait les alertes, ni si le système national disposerait d’un quelconque pouvoir d’intervention. Ces précisions détermineront comment le réseau s’articulera avec les équipes de sécurité existantes.

Pour les lecteurs de BTW, l’enjeu principal est celui de la responsabilité. Avant de connecter les systèmes de production à Cyberdome, les opérateurs devront savoir qui vérifie une alerte, qui contacte l’organisation touchée et qui peut autoriser une action. Sans cette chaîne de responsabilité, Cyberdome reste un projet de surveillance plutôt qu’un mode de réponse clairement défini.

À surveiller

Il faudra surveiller les annonces de l’Allemagne concernant l’agence chargée de Cyberdome, les premières organisations participantes, le financement et les dates de déploiement. Le cadre technique devrait également préciser les données que les opérateurs devront partager, la manière dont les alertes seront vérifiées et qui pourra autoriser une action. Ces éléments montreront comment Cyberdome s’intégrerait aux procédures existantes de réponse aux incidents.