Résumé

  • Les paiements annuels de spectre rapportés dans la presse passent d'environ 70 milliards de roupies en FY27 à 270 milliards en FY29. La société prévoit aussi 450 milliards d'investissements sur trois ans.
  • Le financement annoncé de 64 milliards mêle sommes reçues et facilités sans décaissement immédiat. Le comparer seul à une échéance ne permet pas de mesurer un manque de trésorerie.

Une perte qui diminue de 43,2 % est une bonne nouvelle. Ce n'est pas encore de l'argent en caisse. Pour Vodafone Idea, cette différence compte : l'opérateur doit améliorer son réseau pendant que les versements dus pour son spectre deviennent beaucoup plus lourds.

Au trimestre clos en juin 2026, sa perte nette consolidée est passée de 66,08 à 37,54 milliards de roupies sur un an. Les résultats, pages 4 et 5, comprennent toutefois un gain exceptionnel net de 16,11 milliards. Il provient principalement de la réévaluation d'actions affectées à un accord de règlement, diminuée d'une provision réglementaire. Une hausse de valeur comptable ne prouve pas que les actions ont été vendues et encaissées.

Il y a bien un progrès dans l'activité, mais il faut le chercher dans les bons indicateurs. Le revenu mensuel par client, hors connexions entre machines, a atteint 195 roupies contre 177 un an plus tôt, soit 10,2 % de plus. La société déclare une couverture 4G de 87 % de la population fin juin et, dans son rapport trimestriel, la présence de la 5G dans plus de 200 villes de ses 17 principales zones de service. Ce sont des données d'exploitation publiées par l'entreprise, pas un test indépendant de qualité du réseau.

Les abonnements mobiles augmentent aussi. Le tableau de TRAI pour juillet indique un gain net de 240 114 abonnements et une part de marché de 15,46 %. L'article de presse en comptait 244 000 : le chiffre retenu ici est celui du régulateur. Son rapport d'août, annexe II, fait ensuite état de 506 139 abonnements supplémentaires. Ces totaux incluent les connexions entre machines ; ce ne sont pas autant de personnes rapportant chacune 195 roupies par mois.

Les équipements n'attendent pas la fin des discussions

Retenir ces clients demande un réseau plus utile. Or le réseau exige des dépenses avant de produire le bénéfice espéré. Au moment de la conférence de résultats d'août, Vodafone Idea disait avoir passé environ 90 milliards de roupies de commandes d'investissement. Les 19,3 milliards déjà dépensés au trimestre de juin en faisaient partie : il ne faut pas les ajouter une seconde fois.

Le programme sur trois ans représente 450 milliards de roupies. Il ne s'agit donc pas d'une intention restée entièrement sans financement. Une partie des dépenses a eu lieu, tandis que les négociations pour financer la suite se poursuivent.

Face à ces besoins, les paiements de spectre suivent une pente marquée. The New Indian Express, le 28 août, rapporte environ 70 milliards de roupies en FY27, 150 milliards en FY28 et 270 milliards en FY29. FY27 désigne l'exercice clos en mars 2027. Les montants d'origine sont exprimés en crore, une unité qui vaut dix millions de roupies.

Le versement augmente ainsi d'environ 114,3 %, puis de 80 %. La troisième année représente près de 3,86 fois la première. Le même article rapporte que Kumar Mangalam Birla a assuré, lors de l'assemblée générale, que le plan d'affaires intégrait tous les paiements de spectre prévus sur ces trois ans. Cette assurance est celle de l'entreprise ; les montants demeurent des approximations rapportées dans la presse, sans vérification ici de l'instrument fixant les échéances.

Le total de 490 milliards pour le spectre, ajouté aux 450 milliards d'investissement, donne 940 milliards. C'est une indication de l'ampleur des engagements et du programme, pas le montant restant à financer. Les dépenses déjà réalisées, les fonds de départ, les rentrées d'exploitation et les dates de paiement manquent à cette simple addition.

Il faut également distinguer le spectre des dettes liées à l'AGR, le revenu brut ajusté. Le reportage décrit un allègement de ces dernières et un échéancier prolongé. Ce changement ne vaut pas, par extension, report des paiements de spectre.

Un financement n'est pas toujours un versement sur le compte

La conférence du 11 août, pages 3 et 10, précise la composition de la première tranche annoncée de 64 milliards de roupies. Elle comprend 11,83 milliards reçus au titre d'une partie du prix de warrants émis à Aditya Birla Group. Ces instruments donnent un droit de souscrire des actions : ce ne sont pas des obligations convertibles, ni la totalité des fonds susceptibles d'être reçus lors d'exercices futurs.

Le reste associe emprunts et facilités sans décaissement auprès de banques étrangères et de banques privées indiennes. Ces dernières facilités peuvent soutenir les achats sans fournir un montant équivalent de trésorerie libre d'emploi. La direction n'a pas donné la répartition entre les deux. Les échanges avec le groupe de banques publiques mené par SBI étaient encore en cours.

Le rapport trimestriel, pages 14 et 17, fournit un autre point de départ : 65,58 milliards de roupies de trésorerie et soldes bancaires au 30 juin. Mais sa définition comprend notamment des placements, certains dépôts et des fonds immobilisés en marge de facilités destinées aux investissements. Ce n'est pas autant de liquidités utilisables sans restriction. Les sommes reçues sur les warrants en juin ne doivent pas non plus être ajoutées une nouvelle fois.

Soustraire les 64 milliards annoncés des 70 milliards de spectre de FY27 produit donc un écart arithmétique de 6 milliards, pas la preuve d'un déficit de trésorerie. Le financement n'est pas entièrement du cash ; il n'est pas non plus la seule ressource de l'opérateur.

Comparer les 10,2 % de hausse du revenu par client aux 114,3 % de hausse d'une échéance annuelle ne résout rien davantage. Entre une recette mensuelle par client et le paiement annuel d'une entreprise interviennent les volumes, les coûts et le calendrier des encaissements. Même les 24,75 milliards de roupies de « cash EBITDA » trimestriel, définis par la société comme l'EBITDA diminué des loyers, ne sont pas du flux de trésorerie disponible.

Dans ses comptes de juin, la direction se disait en mesure de couvrir par l'exploitation les obligations de spectre et d'AGR des douze mois suivants. C'est son appréciation, pas un paiement déjà exécuté. Le redressement donne des raisons de suivre ce pari. Le calendrier explique pourquoi il doit se concrétiser à temps.

À retrouver dans l'annuaire : Vodafone Idea Ltd. (VIL) Réservé au Cercle stratégique.