Résumé

  • En mars 1994, le RFC 1590 élargit les anciens « types MIME » aux « types de médias » destinés à plusieurs applications. Une proposition paraissait sur la liste ietf-types, puis pouvait être soumise à l’IANA au bout de deux semaines pour enregistrement et attribution d’un OID.
  • Un registre commun pouvait accueillir davantage de noms, tandis qu’un lecteur de courrier recommandait un petit jeu de formats courants selon ses propres besoins. L’étiquette partagée et le logiciel capable de traiter les octets avaient des responsables distincts.

Le guichet demandait un nom, pas une boule de cristal

Supposons que deux services découvrent le même nouveau format d’image. Chacun invente un nom ; bientôt, le même flux d’octets possède deux cartes d’identité. À l’inverse, deux formats différents peuvent recevoir la même étiquette dans des répertoires privés. Un catalogue commun paraît banal jusqu’au jour où des applications essaient d’échanger leurs objets. Il vaut mieux discuter du nom une fois au grand jour que réparer partout les habitudes prises derrière des portes fermées.

Le RFC 1521 avait établi les mécanismes de MIME pour décrire les corps de messages. Son monde initial était le courrier asynchrone : l’expéditeur ignorait souvent ce que le destinataire savait afficher. Miser sur quelques types largement compris augmentait les chances de communication. Puis les mêmes identifiants servirent dans d’autres contextes. Jon Postel expliqua dans le RFC 1590 pourquoi une politique de noms construite pour ce seul pari postal devait devenir un service général.

Le changement se voit dans les mots. Le document parle de Media Types là où l’on disait « MIME Types ». Un type et son sous-type pouvaient désigner un objet utilisable dans plusieurs applications. L’application restait libre de choisir ce qu’elle savait ouvrir. Ainsi, un registre étendu ne forçait pas le vieux lecteur de courrier à se transformer en lecteur vidéo par décret administratif.

Pour demander une entrée, le proposant envoyait son type et son sous-type à ietf-types. Tant que la proposition attendait, le sous-type employait la forme x-. La liste publique permettait de discuter du nom, des références à une version ou à un profil, des identifiants d’objet et des problèmes de sécurité connus. Un usage limité pouvait être annoncé comme tel. L’examen portait sur la clarté d’une étiquette que d’autres logiciels allaient réutiliser.

Après deux semaines, le dossier pouvait partir à l’IANA. Le RFC décrivait un examen administratif puis l’inscription du type, l’attribution d’un OID dans la branche IANA et la publication de la fiche. Le formulaire demandait type, sous-type, paramètres obligatoires ou facultatifs, encodage, questions de sécurité, spécification et contact. Ce cérémonial tenait en peu de champs. Il offrait surtout une trace commune à laquelle un programme de courrier ou d’archivage pouvait se référer.

Le RFC affrontait aussi le cas moins propre d’un objet dont la spécification publique n’était pas disponible. Il autorisait l’identification précise du logiciel et de sa version. Cette précision pouvait suffire pour distinguer le flux enregistré : tel paquet, telle édition, tels octets attendus. L’éditeur de l’application devait encore fournir le lecteur capable de les interpréter. L’entrée du registre désignait la porte ; elle ne fabriquait pas la clé.

Une catégorie supérieure entièrement nouvelle suivait une route plus lourde : un RFC ou un projet apte à en devenir un, soumis au processus de normalisation. Un nouveau sous-type, lui, utilisait la procédure administrative. Quant au courrier, il pouvait garder une liste restreinte de formats conseillés dans une déclaration d’applicabilité propre à son environnement. Postel séparait ainsi le dictionnaire commun du menu servi par chaque logiciel.

Le résultat ressemble à une économie de paperasse. Le registre réduisait les collisions de noms. Les applications évitaient de porter chacune leur petit royaume d’identifiants. La décision d’ouvrir réellement un objet restait dans le code qui recevait ses octets. Deux semaines d’attente donnaient au nom un moment de publicité avant que les habitudes du réseau ne le rendent coûteux à changer.