Résumé

  • Le service de Microsoft devrait commencer en 2028 pour vingt ans. L'entreprise doit financer la production et le transport nécessaires à sa demande.
  • La batterie de 600 MW rejoindra des ressources communes à plusieurs grands clients ; les économies annoncées concernent elles aussi plusieurs contrats.

La batterie annoncée avec le contrat Microsoft n'est pas réservée à Microsoft. Ce détail raconte une bonne partie du projet de NiSource : de grands clients arrivent sur un même réseau, des ressources sont mises en commun et les usagers déjà raccordés doivent en tirer un avantage. Leurs factures, elles, restent individuelles.

Dans son annonce du 16 octobre, NiSource décrit un accord de vingt ans pour le campus prévu par Microsoft dans le nord-ouest de l'Indiana, avec un début de service attendu en 2028. Le groupe relève en parallèle de 1,4 à environ 1,75 milliard de dollars les économies escomptées pour les clients électriques existants de NIPSCO sur la durée des contrats de centres de données.

Le chiffre le plus proche du quotidien est celui de 140 dollars : jusqu'à ce montant par client et par an, selon l'entreprise. Il donne une idée de l'intérêt recherché, pas une remise uniforme garantie à chaque foyer.

Le grand client paie deux usages

Le raisonnement économique distingue les équipements nécessaires à la nouvelle demande et l'utilisation du système déjà en place. NiSource affirme que Microsoft financera intégralement la production et le transport requis pour sa propre consommation. Par ailleurs, le modèle GenCo fait payer aux grands utilisateurs l'usage du réseau existant, ce qui doit contribuer aux crédits sur facture des anciens clients.

Cette seconde partie n'est pas une explication reconstruite après coup. NiSource la donnait dans une publication d'août, qui annonçait environ 1,4 milliard de dollars de crédits directs sur quinze ans. Le même texte présentait le changement de nom de NIPSCO Generation LLC en NiSource Generation Company LLC. Selon l'entreprise, la stratégie restait la même.

L'historique est utile. En avril, les annonces concernant une filiale d'Alphabet et l'élargissement de l'accord Amazon s'accompagnaient d'une prévision de 1,25 milliard. Le portefeuille GenCo prévu comptait alors environ 340 MW, avec des achats saisonniers sur le marché pouvant atteindre 175 MW. Ce sont les paramètres publiés à cette date, non le total actuel des ressources.

En juin, NiSource évoquait déjà 1,4 milliard. Le groupe indiquait que l'IURC, le régulateur de l'Indiana, avait approuvé le 17 juin l'accord transactionnel Amazon, son contrat spécial et l'accord d'achat d'électricité associé. Des moyens de production avaient fait l'objet d'une décision distincte. Ce récit de l'entreprise porte sur Amazon ; il ne vaut pas constat d'approbation du contrat Microsoft ultérieur.

Le mécanisme des crédits a donc une histoire publique. Il manque encore, dans l'annonce d'octobre, le rapprochement complet entre les anciennes prévisions et la nouvelle, puis entre le total et chaque compte. La hausse arithmétique de 350 millions ne constitue pas, à elle seule, une contribution Microsoft chiffrée séparément. Les quinze ans du précédent scénario ne sont pas davantage interchangeables avec les vingt ans du nouveau contrat.

Ce que mesurent les 600 MW

GenCo a contracté 600 MW de stockage par batterie dans le cadre d'un accord de tolling à long terme. Une société affiliée à AGP Group doit développer et construire l'installation, destinée à un ensemble de ressources servant plusieurs grands consommateurs.

La puissance affichée ne dit pas pendant combien d'heures la batterie pourra fournir de l'électricité. Pour cela, il faudrait notamment connaître l'énergie stockée, exprimée en MWh, et la puissance de décharge considérée. Le communiqué ne fournit ni cette capacité énergétique ni une durée. Confondre les unités donnerait une précision technique que l'annonce ne possède pas.

Le portefeuille de production détenu par GenCo doit, lui, augmenter d'environ 1 100 MW. Il s'agit d'un ajout au portefeuille, pas de sa taille totale ni de la demande contractuelle publiée du campus Microsoft. Le financement des besoins propres de Microsoft ne signifie pas non plus que l'entreprise paie chaque actif commun du réseau.

NiSource promet des précisions opérationnelles et financières lors de sa conférence de résultats du 28 octobre, encore à venir au moment de cette mise à jour. Autorisations, construction, financement et évolution de la capacité demandée figurent parmi les risques cités par le groupe. Aucun de ces avertissements ne prouve un échec déjà survenu.

L'intérêt du modèle tient à une possibilité concrète : un nouvel utilisateur très gourmand en électricité peut aussi contribuer à alléger la charge des autres. Pour les clients de NIPSCO, cette possibilité prendra tout son sens quand le crédit annoncé deviendra un montant identifiable sur leur propre facture.

Mise à jour du 26 octobre 2026 : ajout des annonces de juin et d'août ; correction de la distinction entre puissance, énergie stockée et durée. Date de publication initiale et adresse conservées.