Résumé

  • Le chiffre d’affaires total de GTPL Hathway a augmenté de 19 % sur un an, à 11 464 millions de roupies au T2 de l’exercice 2027. L’EBITDA publié n’a progressé que de 2 millions, à 1 103 millions, et sa marge est passée de 11,4 % à 9,6 %.
  • Dans son analyse de marge opérationnelle, GTPL fait apparaître un coût net des chaînes en hausse de 24 % et une marge d’EBITDA opérationnelle ramenée de 22 % à 20 %.
  • L’activité câble d’ACT, acquise en septembre, a apporté environ 600 000 abonnés ; les documents examinés ne séparent pas son chiffre d’affaires, son EBITDA ni ses coûts d’intégration.

Analyse

La hausse de 19 % donne le ton du communiqué de GTPL Hathway sur le trimestre clos en septembre. Elle ne dit pas, à elle seule, ce qui a progressé dans l’économie de l’opérateur. Le chiffre d’affaires total a atteint 11 464 millions de roupies, contre 9 649 millions un an plus tôt. Dans la présentation aux investisseurs, la ligne comparable s’intitule « Total Income » : les dépenses totales ont augmenté de 21 %, à 10 361 millions, et l’EBITDA est resté presque inchangé, à 1 103 millions contre 1 101 millions. La marge publiée s’est contractée de 1,8 point, à 9,6 %.

La présentation détaille un couple de postes plus parlant qu’un taux de croissance isolé. Le coût des chaînes payantes (« Pay Channel Cost ») s’est élevé à 7 788 millions, en hausse de 26 %. Les revenus de placement, de transport des chaînes et les incitations commerciales ont atteint 6 203 millions, en hausse de 27 %. Dans sa vue de marge opérationnelle, GTPL déduit le second montant du premier : le coût net des chaînes ressort à 1 585 millions, soit 24 % de plus qu’un an auparavant. Ces lignes évoluent à grande échelle et dans des directions opposées.

Les chiffres ne précisent pas quelle part relève de l’acquisition d’ACT, des prix, du mix d’abonnés ou d’autres facteurs.

La marge opérationnelle utilise une base plus étroite que le chiffre d’affaires total. GTPL y retient 5 181 millions de revenus issus des abonnements, de l’Internet et d’autres activités opérationnelles, puis présente un EBITDA opérationnel de 1 033 millions. La marge correspondante est de 20 %, contre 22 % au T2 précédent. L’entreprise la calcule en excluant les revenus d’activation et autres revenus du numérateur, puis en rapportant l’EBITDA aux revenus d’abonnement, d’Internet et aux autres revenus opérationnels. Cette mesure n’est donc pas comparable directement à la marge d’EBITDA publiée de 9,6 %.

Elle invite à ne pas confondre la croissance du chiffre d’affaires total avec celle de la base opérationnelle récurrente.

Les volumes donnent une dimension concrète à cette croissance. Au 30 septembre, GTPL comptait 11 millions d’abonnés actifs à la télévision numérique, soit 1,5 million de plus et une progression de 16 % sur un an. La base payante atteignait 10,3 millions, en hausse de 17 %. Les revenus d’abonnement au câble ont progressé de 14 %, à 3 455 millions. Le communiqué indique par ailleurs que l’opération ACT a ajouté environ 600 000 abonnés. La présentation précise que l’acquisition de l’activité de télévision numérique par câble d’ACT, dans les États d’Andhra Pradesh, du Telangana, du Karnataka et de l’Odisha, a été achevée au 15 septembre.

Les publications ne fournissent pas de compte de résultat propre à l’activité acquise. Elles ne montrent ni son chiffre d’affaires ni son EBITDA, ses frais d’intégration, ni la part acquise de l’augmentation annuelle des abonnés. La proximité de la date de clôture du trimestre n’autorise pas à calculer une contribution partielle sans données comptables dédiées. La direction a décrit l’intégration comme efficace ; les agrégats publiés ne permettent pas de comparer ce jugement à une marge propre à ACT.

Le haut débit constitue une autre piste de croissance, mais ses chiffres restent distincts de ceux de la télévision par câble. Les abonnés actifs à Internet ont atteint 1,070 million, soit 20 000 de plus sur un an, et les revenus haut débit ont augmenté de 5 %, à 1 459 millions. GTPL annonce six millions de foyers raccordables et estime qu’environ 75 % peuvent être convertis à la fibre jusqu’au domicile. Un foyer raccordable n’est pas un abonné. Les documents ne donnent ni le taux de conversion des clients câble vers le haut débit ni la marge des nouveaux raccordements.

GTPL mentionne aussi 75 millions de roupies d’effets supplémentaires au trimestre : une perte de change latente de 45 millions, dont 10 millions dans les frais opérationnels et 35 millions en frais financiers d’emprunt, ainsi que 30 millions de frais financiers pour sept transpondeurs supplémentaires. L’entreprise associe ces éléments au résultat de la période ; elle ne les présente pas comme une réconciliation exhaustive de la stabilité de l’EBITDA ou de la baisse de marge. Le bénéfice net est passé d’un gain de 93 millions à une perte de 5 millions.

Le trimestre atteste donc une base d’activité plus vaste, mais pas encore une meilleure rentabilité marginale. La prochaine information utile serait un rapprochement entre opérations historiques et activité ACT, avec les abonnés, les coûts de chaînes, les incitations et l’EBITDA opérationnel. En attendant, la conclusion doit rester circonscrite : l’échelle augmente, l’EBITDA presque pas, et la source de la variation de marge n’est pas isolée.

Sources