Summary

  • L’architecture actuelle de RIPE NCC relie deux centres proches par un réseau de niveau 2 étendu. Le projet présenté le 28 octobre prévoit deux centres autonomes en Europe occidentale.
  • Chaque site fonctionnerait en actif-actif en interne, avec un dispositif actif-secours entre les sites. La migration devrait s’achever au second semestre 2028.

Deux bâtiments peuvent partager une seule panne. C’est la faiblesse que Sjoerd Wolthers, directeur technique de RIPE NCC, a dessinée devant le groupe Services de RIPE 93. Ses diapositives officielles montrent une architecture conçue pour deux centres proches l’un de l’autre, reliés par un réseau de niveau 2 étendu. Le registre veut désormais que chacun puisse fonctionner comme un site complet.

La commodité d’hier a son prix. Wolthers cite du matériel à remplacer, des liaisons dont certains débits atteignent leurs limites, des sauvegardes et du stockage contraints par leur performance et leur redondance, ainsi qu’un verrouillage auprès du fournisseur de virtualisation. Les coûts du cloud montent; les changements géopolitiques, réglementaires et de sécurité poussent RIPE NCC à réexaminer sa dépendance aux grands prestataires extérieurs. Les services essentiels doivent, selon le plan, reposer davantage sur ses propres équipements.

Le plan précise où placer la séparation. Deux centres complets seraient installés en Europe occidentale, avec une redondance N+1 et une exploitation actif-actif à l’intérieur de chacun. Entre les centres, l’architecture passerait en actif-secours afin de tenir compte de la latence. Des circuits loués à haut débit transporteraient les échanges chiffrés. Des réseaux distincts par site, une segmentation des applications et un répartiteur global de charge formeraient le chemin de bascule. Le support IPv6 doit couvrir tous les services essentiels.

Le choix des briques est également public: virtualisation Proxmox, grappes CEPH indépendantes dans chaque centre, stockage d’objets compatible S3. Pour les sauvegardes, la présentation prévoit des copies chiffrées et immuables vers un troisième emplacement. La question technique devient vérifiable: lorsqu’un site cesse de répondre, les services du registre restent-ils disponibles depuis l’autre, sans attendre la remise en état de l’infrastructure commune?

Wolthers n’a pas donné les noms des sites, l’ordre des migrations ni des temps de reprise par service. Il n’a présenté aucun essai de bascule du nouvel ensemble. Le calendrier de la séance RIPE 93 passe encore par la conception détaillée, les achats, l’installation et la migration, avec une fin attendue au second semestre 2028. La promesse engage du travail, puis une démonstration.

RIPE NCC a déjà soumis le coût de ce renouvellement au débat des membres. Cette fois, il montre ce qu’il veut construire. Un registre qui tient les ressources numériques d’une région ne peut appeler « indépendants » deux centres qu’après avoir montré, service par service, ce qui survit à la disparition de l’un d’eux.

Sources : séance officielle RIPE 93 et présentation originale de Sjoerd Wolthers.