Résumé

  • Le projet initial prévoyait 2,25 milliards de dollars de crédits sur les factures des clients des services publics dans trois États, dont environ 1,78 milliard pour la Virginie, répartis selon la consommation pendant deux ans après la clôture de la fusion.
  • La variante présentée en septembre veut porter à quatre ans le crédit résidentiel de 10 dollars par mois. Elle supprimerait les crédits de certains grands consommateurs, notamment une part destinée aux grands centres de données, et ajouterait environ 90 millions de dollars provenant des actionnaires. La commission de Virginie n'a pas encore tranché.

Un crédit de facture a deux destinataires possibles : celui qui le reçoit et celui qui aurait pu le recevoir. Le communiqué commun du 14 septembre, déposé auprès de la SEC, met en avant quatre années de dix dollars mensuels pour les ménages de Virginie, contre deux années auparavant. Dominion et NextEra disent vouloir travailler avec la State Corporation Commission pour rediriger vers eux la part des crédits qui aurait été attribuée aux grands centres de données, tout en augmentant le montant total financé par les actionnaires.

La première proposition était moins sélective. Le rapport trimestriel de Dominion décrit 2,25 milliards de dollars de crédits dans les États de Virginie, de Caroline du Nord et de Caroline du Sud. Environ 1,78 milliard revenait aux clients de Virginie. Les crédits devaient être distribués en fonction de la consommation pendant deux ans après la clôture de la fusion. La proposition de septembre conserve une promesse visible sur les factures domestiques, mais modifie la liste de ceux qui participent à la répartition.

Le 10-Q est précis sur le mécanisme : les crédits résidentiels seraient prolongés à quatre ans par la suppression de crédits pour certains clients de grande charge et par un apport supplémentaire d'environ 90 millions de dollars des actionnaires. « Certains » n'est pas « tous ». Le document ne donne ni l'identité des comptes exclus ni le montant exact qu'ils auraient reçu. Les 90 millions ne représentent pas le coût total des deux années supplémentaires ; ils constituent un apport additionnel à la réaffectation proposée.

Le poids de ces clients apparaît dans une autre partie du rapport. La catégorie de grande charge en Virginie a généré 706 millions de dollars de recettes électriques réglementées au troisième trimestre 2026, contre 503 millions un an plus tôt. Sur neuf mois, elle passe de 1,308 à 2,156 milliards. Le seuil comptable est une demande réelle ou prévue d'au moins 25 mégawatts avec un facteur de charge annuel d'au moins 75 %. Il inclut certains centres de données.

Cette catégorie de recettes ne permet pas de calculer la ristourne qui serait retirée aux comptes visés par la proposition, mais montre pourquoi leur traitement devient un enjeu majeur de la négociation.

La fusion attend encore ses autorisations. Le contrat a été signé en mai ; les actionnaires ont approuvé l'opération en septembre et le dossier antitrust a été déposé en octobre. La commission de Virginie suit le dossier PUR-2026-00112 et prévoit des auditions publiques à partir du 5 novembre, puis une audience sur les preuves à partir du 17 novembre. Ce calendrier ouvre l'examen de la nouvelle répartition ; il ne transforme pas la proposition en crédit déjà accordé.

Il manque le tableau définitif par catégorie de clients, avec les comptes exclus et les montants. Sa publication fixerait la taille du transfert. En attendant, le choix politique est visible : au lieu de disperser le crédit selon l'usage sur deux ans, les entreprises veulent maintenir une ligne de dix dollars sur la facture des ménages pendant quatre ans. Les grands centres de données perdraient une part de l'avantage prévu, et les actionnaires ajouteraient du capital. La promesse tient dans une ligne de facture ; sa mécanique tient dans une liste de bénéficiaires.