• Le ministre de la Technologie et de l’Innovation Nate Glubish affirme que l’Alberta envisage des règles précises de distance minimale afin d’éloigner davantage les projets de centres de données d’IA des zones résidentielles
  • La province n’a précisé ni la distance minimale, ni les infrastructures concernées, ni le traitement qui serait réservé aux projets déjà en développement

Les faits

L’Alberta envisage de nouvelles règles de distance minimale pour les centres de données d’IA, a déclaré le ministre de la Technologie et de l’Innovation Nate Glubish lors d’une réunion publique à Lacombe. Il a indiqué que les futurs projets pourraient devoir être implantés plus loin des habitations, mais la province n’a proposé aucune distance minimale ni précisé quand une éventuelle règle pourrait entrer en vigueur.

Ces déclarations sont intervenues après le rejet, par l’Alberta Utilities Commission, du projet de Synapse Real Estate Corp. visant à construire à Olds une centrale électrique au gaz naturel de 1,4 GW. La centrale aurait alimenté un centre de données sur place sans recourir au réseau électrique de l’Alberta. L’AUC a estimé que le site était trop proche de la population, avec environ 700 habitations dans un rayon de 800 mètres.

La décision portait sur la centrale électrique, et non sur le centre de données lui-même. En Alberta, les projets de centres de données restent soumis à des autorisations municipales, électriques, environnementales et autres distinctes, selon les infrastructures concernées.

L’évaluation

Avant de considérer un site en Alberta comme viable, les promoteurs devront peut-être répondre à une question plus fondamentale: le centre de données et sa centrale électrique peuvent-ils être implantés suffisamment loin des habitations voisines? Cette question est particulièrement importante pour les projets reposant sur une production électrique sur place. Un site peut disposer de terrains, de gaz et de fibre adaptés, tout en échouant si l’emprise de la centrale ne respecte pas la distance requise. Les solutions pourraient consister à acquérir davantage de terrain, à déplacer la centrale électrique ou à choisir un autre site.

L’Alberta n’a pas encore indiqué quelle serait la distance minimale ni si elle s’appliquerait au centre de données, aux installations de production électrique ou aux deux. Tant que ces précisions ne sont pas publiées, les promoteurs ne peuvent pas déterminer la superficie supplémentaire ou l’ampleur de la modification qu’un projet pourrait nécessiter.

Pour les lecteurs de BTW, cette évolution fait apparaître une contrainte potentielle beaucoup plus tôt dans la planification des projets. La règle définitive déterminera si de grandes centrales électriques sur place pourront encore être implantées à côté des salles informatiques qu’elles alimentent, ou si les futurs projets albertains devront prévoir une séparation physique plus importante entre la production électrique et la capacité de calcul.

À surveiller

Il faudra surveiller la distance minimale proposée, son mode de calcul et son application éventuelle aux centres de données, aux installations de production associées ou aux deux. Le traitement des projets déjà en développement sera également déterminant. Les premières nouvelles demandes déposées auprès des municipalités et de l’AUC après la publication des règles devraient montrer si les promoteurs réagissent en élargissant les zones tampons, en séparant la production électrique des salles informatiques ou en choisissant d’autres sites.