- Dans une évolution importante touchant les utilisateurs de YouTube en Russie, les vitesses de streaming vidéo sur les ordinateurs de bureau devraient fortement diminuer.
- Cette évolution n'est pas qu'un problème technique, mais le reflet du conflit plus large découlant de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et de la réponse mondiale qui en a résulté.
NOTRE AVIS
YouTube est clairement ciblé en Russie. Vous souvenez-vous de Netflix confronté à des problèmes similaires de débit internet? Mais au moins, ils ont su investir dans la mise à niveau de leurs serveurs. Et YouTube en Russie semble faire défaut dans ce domaine. J'ai entendu dire qu'ils ont même laissé leur filiale locale faire faillite, rendant impossible le paiement des services de centres de données locaux. C'est un exemple concret de l'adage « comme on fait son lit, on se couche ». Et pour couronner le tout, il y a même une proposition de bloquer complètement YouTube de la part du leader tchétchène Ramsan Kadyrov. La tension monte clairement et rend la situation plus intéressante à suivre.
–Miurio huang, journaliste BTW
Ce qui s'est passé
Dans une évolution importante touchant les utilisateurs de YouTube en Russie, les vitesses de streaming vidéo sur les ordinateurs de bureau devraient fortement diminuer.Alexander Khinshtein, un haut responsable législatif russe et chef de la commission de la politique de l'information de la chambre basse du parlement, a attribué ce ralentissement à l'incapacité de Google à mettre à jour ses équipements en Russie et à son refus de débloquer les chaînes de médias russes. Le 25 juillet, Khinshtein a annoncé que les vitesses de téléchargement de YouTube en Russie avaient déjà diminué de 40 % et qu'elles devraient chuter jusqu'à 70 % la semaine suivante.
Khinshtein a clarifié ses commentaires sur Telegram, en rejetant la faute entièrement sur YouTube. Il a affirmé que le ralentissement était une « mesure forcée » contre YouTube pour avoir prétendument violé la loi russe sans répercussions. Le régulateur russe des communications, Roskomnadzor, a fait écho à ces sentiments, déclarant que la négligence de Google à mettre à jour ses serveurs Google Global Cache en Russie était la principale raison de la dégradation de la qualité des services YouTube.
Ajoutant aux complications, Khinshtein a souligné que Google n'avait pas investi dans l'infrastructure russe et avait laissé sa filiale locale faire faillite. Cette faillite a empêché Google de payer pour les services de centres de données locaux, aggravant encore le problème.
Google n'a pas encore répondu aux demandes de commentaires concernant ces accusations. La situation a atteint un point tel que le leader tchétchène Ramsan Kadyrov a proposé de bloquer complètement YouTube, soulignant la gravité des tensions.
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Pourquoi c'est important
La réduction des vitesses de YouTube en Russie a des implications importantes sur plusieurs fronts. Tout d'abord, elle souligne les tensions numériques et géopolitiques persistantes entre la Russie et les géants technologiques occidentaux comme Google. Cette évolution n'est pas simplement un problème technique mais le reflet du conflit plus large découlant de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et de la réponse mondiale qui en a résulté.
Les actions de YouTube, notamment le blocage de chaînes associées aux médias financés par l'État russe, s'inscrivent dans sa politique visant à limiter les contenus qui nient, minimisent ou banalisent des événements violents bien documentés. Cette politique a conduit à la suppression de contenus liés à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, que YouTube a jugée comme une violation de sa politique sur les événements violents. En représailles, la Russie a infligé à plusieurs reprises des amendes à Google et à d'autres plateformes de médias sociaux pour non-respect de ses réglementations, aggravant encore les relations.
La baisse des vitesses de YouTube affectera probablement des millions d'utilisateurs russes qui dépendent de la plateforme pour l'information, le divertissement et l'éducation. Ce contretemps technique peut pousser davantage d'utilisateurs à utiliser desréseaux privés virtuels (VPN)pour contourner les restrictions, comme cela a été le cas avec d'autres plateformes de médias sociaux que la Russie a précédemment bloquées ou ralenties.
De plus, cette situation éclaire la stratégie plus large de souveraineté numérique que la Russie poursuit. En exerçant des pressions sur les entreprises technologiques étrangères et en promouvant des alternatives nationales, la Russie vise à contrôler le récit numérique à l'intérieur de ses frontières. La réduction des vitesses de YouTube peut être considérée comme une manœuvre tactique pour contrer ce qu'elle perçoit comme la « politique antirusse » des entreprises technologiques occidentales.
Le ralentissement de YouTube en Russie est un microcosme de la lutte plus large pour le contrôle et l'influence à l'ère numérique. Il met en évidence l'interaction complexe entre la technologie, la politique et les relations internationales, soulignant la nécessité pour les entreprises technologiques mondiales de naviguer avec prudence dans ces complexités. L'issue de ce bras de fer pourrait créer un précédent pour la gestion de conflits similaires à l'avenir, impactant le paysage numérique mondial.

