• Lu Heng soutient que les registres de ressources Internet centralisés sont devenus des institutions politiques et bureaucratiques inadaptées à la coordination mondiale.
  • Un registre décentralisé utilisant des preuves cryptographiques pourrait préserver la souveraineté et la résilience sans dépendre d'un consensus politique.

« Les systèmes centralisés exigent un consensus; le consensus exige de la politique; la politique conduit inévitablement à la capture, aux conflits et à l'instabilité. Déplacer l'autorité du registre vers des structures gouvernementales ou intergouvernementales ne résoudrait pas ce problème — cela l'amplifierait en ajoutant des couches juridiques et géopolitiques à une construction déjà fragile… Le choix est donc clair.

Soit nous continuons à ajouter de la bureaucratie à un système qui n'a jamais été conçu pour le poids économique et politique d'aujourd'hui, soit nous retirons complètement les sparadraps et laissons les réseaux se gouverner eux-mêmes dans leurs environnements juridiques. »

——Lu Heng, PDG de Cloud Innovation, PDG de LARUS Ltd, Fondateur de la LARUS Foundation.

Les registres centralisés ont dépassé leur utilité technique

Dans On Why Centralised Alternatives Fail — and Why a Decentralised Registry Is the Only Viable Path”, Lu Heng examine l'évolution historique et les défis contemporains des registres Internet centralisés tels que les Registres Internet régionaux (RIR). Conçus à l'origine comme de simples bases de données pour enregistrer quel réseau utilise quelle ressource de numéros, ces institutions ont accumulé un poids politique et une complexité bureaucratique qui dépassent de loin leur fonction technique initiale.

Heng explique que la centralisation elle-même est la cause profonde de cette complexité. Parce que ces systèmes reposent sur un consensus mondial volontaire — et non sur le droit international — ils attirent inévitablement des conflits politiques. À mesure qu'ils se sont étendus en grandes organisations avec des processus de gouvernance formels et des propositions intergouvernementales émergeant, la fonction principale de registre s'est retrouvée mêlée à la géopolitique et à la négociation bureaucratique.

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Une solution technique, pas politique

Lu Heng propose une alternative: un registre décentralisé dans lequel chaque réseau conserve sa propre preuve cryptographique de propriété pour ses ressources de numéros, enregistrée dans un grand livre partagé. Dans ce modèle, l'unicité mondiale est garantie par des preuves cryptographiques plutôt que par une autorité centrale ou un accord politique multipartite. Cela déplace le problème de la coordination politique vers l'application technique, simplifiant plutôt que compliquant la gestion mondiale des ressources.

Selon la proposition de Heng, les gouvernements souverains conservent la capacité de réglementer dans leurs propres juridictions. Ils peuvent exiger des opérateurs qu'ils se conforment aux lois nationales s'ils le souhaitent, ou permettre aux réseaux de gérer leurs enregistrements de manière indépendante lorsque cela est approprié. Comme l'application se fait localement, les tensions géopolitiques dans une région ne déstabiliseraient pas l'ensemble du registre mondial.

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Repenser la gouvernance de l'infrastructure Internet

Lu Heng avertit que soumettre la coordination des ressources Internet aux processus politiques traditionnels est risqué, surtout compte tenu du statut d'infrastructure critique de l'Internet. Il conclut qu'ajouter plus de bureaucratie à une institution jamais conçue pour de telles charges ne résoudra pas ses faiblesses fondamentales. Au contraire, la décentralisation — avec une propriété, une autorité et une responsabilité distribuées — est la seule voie évolutive pour l'avenir des systèmes de registres Internet.