• L'AFRINIC a annulé son élection du conseil d'administration du 23 juin 2025 après qu'un vote par procuration contesté a suscité des inquiétudes quant à l'ingérence du personnel et à l'invalidation massive des votes.
  • L'ICANN a officiellement averti que sans réformes transparentes de l'allocation IP et des élections, l'AFRINIC risque de perdre son mandat et de retarder la distribution des ressources aux réseaux africains.

Problème: Crise électorale et gestion des votes par procuration

Le 23 juin 2025, l'AFRINIC a tenu sa première élection en personne du conseil d'administration depuis sa mise sous séquestre judiciaire en 2022. Juste avant la fermeture des bureaux de vote à Maurice, l'élection a été interrompue. Le comité de nomination a invoqué des préoccupations concernant un seul vote par procuration contesté: le personnel a contacté l'électeur présumé, qui a nié l'avoir autorisé. Sur la base de cet unique incident, le comité a invalidé plus de 800 bulletins de vote par procuration et annulé l'élection. Aucune fraude n'a été confirmée, seulement que le vote n'a pas pu être vérifié avant la clôture du scrutin.

Cette décision a provoqué une levée de boucliers au sein de la communauté AFRINIC. De nombreux membres ont fait valoir que l'invalidation était injuste sur le plan procédural et qu'elle touchait de manière disproportionnée les petits opérateurs situés dans des régions isolées ou mal connectées, pour lesquels le vote par procuration est une nécessité. Les critiques ont également mis en doute le manque de transparence — il n'y a pas eu d'audit indépendant, de procédure d'appel ni de proportionnalité. L'intervention du personnel pendant le processus de vote a en outre suscité l'inquiétude, car elle pourrait porter atteinte à la confidentialité des électeurs.

La structure de gouvernance de l'AFRINIC a fait l'objet d'un nouvel examen. Le comité de nomination, chargé de garantir l'intégrité électorale, est lui-même nommé par le conseil d'administration et manque d'indépendance claire. Sa décision unilatérale de suspendre le vote — sans audience publique ni consultation multipartite — a accru la méfiance et laissé la communauté dans l'expectative.

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Solution: Exigence d'une allocation IP transparente et d'une réforme de la gouvernance

Le 6 juin 2025, soit deux semaines avant le vote, l'ICANN a publié une lettre ouverte exhortant le séquestre judiciaire de l'AFRINIC à garantir des procédures électorales équitables. La lettre soulignait la nécessité de publier les listes électorales, de veiller à un contrôle de l'autorité du comité et de créer des mécanismes pour résoudre les litiges sans priver les membres de leurs droits. La situation s'est aggravée lorsque l'AFRINIC n'a pas donné suite à ces recommandations et a finalement annulé le vote après le problème de procuration.

Il ne s'agit pas seulement des élections. L'absence de conseil d'administration légitime depuis 2022 a considérablement retardé l'allocation des adresses IP et des ASN à travers l'Afrique. Les fournisseurs d'accès Internet dans plusieurs régions ont signalé des gels de projets et des rationnements de bande passante en raison des demandes de ressources en attente. Un système d'allocation IP transparent et responsable est désormais considéré comme essentiel, non seulement pour l'équité, mais aussi pour la continuité opérationnelle.

Les propositions de réforme de la communauté incluent la publication de toutes les demandes et approbations de blocs d'adresses IP, la tenue d'une piste d'audit en temps réel des allocations et la mise en place de règles claires pour la récupération et le transfert des ressources. Parallèlement, les membres demandent une refonte du cadre électoral de l'AFRINIC: de l'établissement de procédures de vote transparentes à la définition de critères pour les procurations valides et les droits d'appel.

Ne pas agir pourrait entraîner des conséquences plus larges. L'ICANN et le système mondial des RIR dépendent du maintien de la légitimité de l'AFRINIC. Sans elle, le seul registre régional africain risque de perdre son mandat, et avec lui, la capacité de soutenir la croissance d'Internet à travers le continent.