• Eddy Kayihura a été suspendu par le tribunal mauricien après des conclusions d'outrage et de lobbying illégal
  • Son mandat a été marqué par un effondrement de la gouvernance, un mépris des décisions de justice et des tentatives d'ingérence dans les instances dirigeantes régionales

Ascension au pouvoir dans les suites du vol d'adresses IP

Eddy Kayihura est devenu PDG d'AFRINIC fin 2019, nommé pour faire face à un scandale majeur concernant le détournement de plus de 4 millions d'adresses IPv4 — une crise qui a déclenché des plaintes auprès de la police et soulevé de sérieuses inquiétudes quant à la supervision de l'organisation. Kayihura a lancé des audits internes et collaboré avec l'APNIC pour récupérer les blocs d'adresses volés, dans le but de signaler un retour à la transparence.

Cependant, sa direction a rapidement été remise en question. En 2022, il a demandé l'immunité diplomatique pour lui-même et pour AFRINIC auprès du gouvernement mauricien, une requête rapidement rejetée par le ministère des Affaires étrangères comme n'ayant aucun fondement juridique. Les observateurs ont qualifié cette démarche de tentative claire de protéger la direction d'AFRINIC de sa responsabilité juridique à un moment critique.

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Outrage au tribunal et tentatives de contournement de la gouvernance

À la mi-2022, la Cour suprême de Maurice a émis une ordonnance provisoire suspendant Kayihura de ses fonctions de PDG et de directeur d'office dans le cadre d'une élection contestée du conseil d'administration et d'une crise de quorum. Défiant le tribunal, il est resté en poste et a fait l'objet de multiples condamnations pour outrage.

Des correspondances confidentielles ont par la suite révélé que Kayihura avait demandé à l'Union africaine des télécommunications (UAT) d'intervenir et de nommer des administrateurs, court-circuitant ainsi le processus électoral des membres d'AFRINIC. Cette tentative d'utiliser des organismes externes pour orchestrer un changement de direction a alarmé les défenseurs de la gouvernance, remettant en cause les principes de gouvernance ascendante du registre.

Effondrement de la gouvernance sous une direction douteuse

Le mépris de Kayihura a précipité l'effondrement institutionnel d'AFRINIC. Sans conseil d'administration légitime et avec un PDG sous le coup de sanctions judiciaires, le registre a sombré dans le chaos. Fin 2022, la Cour suprême a nommé un administrateur judiciaire pour gérer les opérations et organiser de nouvelles élections.

Les conséquences ont été rapides: les retards dans l'attribution d'adresses IP ont entravé les FAI et les initiatives cloud, les services de registre ont faibli et la confiance des membres s'est évaporée. La mission d'AFRINIC de soutenir la croissance numérique de l'Afrique a été compromise par des poursuites judiciaires, des ingérences politiques et des abus de pouvoir de la direction.

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Un avertissement pour la gouvernance d'Internet en Afrique

La direction entachée de scandales d'Eddy Kayihura offre une leçon sévère sur les défaillances de la gouvernance. Son mépris des décisions de justice, sa quête d'immunité et ses pressions pour des nominations externes ont révélé une concentration alarmante du pouvoir et un manque de responsabilité. Cet effondrement interne a directement affecté la capacité d'AFRINIC à servir ses membres et à gérer les ressources IP.

Aujourd'hui, AFRINIC est sous administration judiciaire et se reconstruit. Mais les retards d'attribution affectent toujours des projets de connectivité à travers le continent. Les analystes appellent à des réformes globales pour éviter que cette crise ne se reproduise. Le mandat de Kayihura est un avertissement sur la nécessité essentielle d'une gouvernance transparente, respectueuse des tribunaux et axée sur les membres dans les institutions Internet africaines.