- Le Comité électoral d'AFRINIC (ECom) gère les candidatures, l'éligibilité des électeurs et les procédures de vote conformément aux statuts de l'organisation.
- Les travaux électoraux du comité de juin 2025 ont été annulés par une annulation ordonnée par le gouvernement, exposant ses limites face à l'ingérence politique.
Mandat et fonctions du Comité électoral
Le Comité électoral (ECom) chez AFRINIC est un groupe de travail permanent défini dans les Statuts d'AFRINIC (Article 10) avec des responsabilités spécifiques dans toutes les élections. Il est nommé par le PDG, et son président est également nommé par le PDG. Ses fonctions comprennent la gestion des aspects logistiques des élections, la mise en place des bureaux de vote le jour du scrutin, la supervision des bulletins de vote électroniques et papier, la vérification de l'éligibilité des électeurs, la gestion des procurations, l'organisation du calendrier d'inscription des électeurs, la liaison avec le président du Comité de nomination (NomCom) pour certaines coordinations, et la publication des résultats des élections.
Les statuts confèrent à l'ECom l'autorité sur les étapes pré-électorales: valider les candidatures, s'assurer que les soumissions répondent aux critères, vérifier que les proposants sont des membres en règle, organiser l'infrastructure de vote (à la fois virtuelle et papier / procuration si autorisé), faire respecter les délais établis dans les lignes directrices du processus électoral. Il doit agir conformément aux statuts d'AFRINIC, aux politiques approuvées par les membres, et sous la supervision des tribunaux d'AFRINIC ou de tout administrateur judiciaire pour autant que celui-ci soit légalement nommé.
Le mandat ne permet pas à l'ECom d'annuler ou de supplanter les résultats complets d'une élection sur instruction politique ou étatique. Son pouvoir est de nature procédurale et administrative, et non judiciaire ou exécutive. Les décisions concernant les irrégularités doivent suivre une procédure régulière telle que définie dans les statuts et en vertu de la loi mauricienne (Loi sur les sociétés), et non par une annulation discrétionnaire ordonnée par le gouvernement ou des acteurs externes.
À lire aussi: Les élections de septembre d'AFRINIC étaient une violation flagrante de ses propres statuts
À lire aussi: Pourquoi la sécurité électorale d'AFRINIC a besoin de garanties juridiques plus solides à Maurice
Le rôle de l'ECom dans la crise d'AFRINIC: quand les garanties juridiques échouent
Dans la crise entourant l'élection de juin 2025 d'AFRINIC, l'ECom a rempli ses fonctions techniques et procédurales comme requis: organiser l'élection, accepter les votes par procuration, valider les candidats, faciliter les bulletins de vote électroniques et papier, conformément à son rôle. L'élection était sous la supervision du tribunal. Malgré cela, le gouvernement mauricien a demandé à l'administrateur nommé par le tribunal d'annuler le résultat de juin.
Cette ingérence a contourné non seulement la gouvernance interne d'AFRINIC, mais aussi les protections juridiques offertes par la Loi sur les sociétés de Maurice, qui régit les entreprises à but non lucratif telles qu'AFRINIC. Une telle instruction d'annulation sous la direction de l'État redéfinit le rôle de l'ECom: d'un exécutant indépendant des processus électoraux basés sur les membres, à un mécanisme dont les résultats peuvent être invalidés par un diktat politique.
L'ECom ne peut pas, à lui seul, fournir des garanties juridiques contre les abus de pouvoir exécutif. Il dépend du contexte juridique: les statuts, les ordonnances judiciaires et l'État de droit pour protéger son travail. Lorsque le pouvoir étatique ou exécutif annule une élection correctement menée par l'ECom, le processus démocratique et transparent s'effondre. Soutenir l'annulation, en particulier par le biais d'acteurs extérieurs qui prétendent promouvoir la transparence et la démocratie, tout en approuvant un processus où un gouvernement intervient dans une élection à but non lucratif, crée un précédent dangereux.
Cela indique que, quelle que soit la qualité du travail de l'ECom, son autorité peut être annulée si les forces politiques en décident autrement.
Cela menace la gouvernance ascendante de l'Internet en Afrique: les votes des membres, via les élections organisées par l'ECom, devraient être définitifs en l'absence de constatation légale de fraude, et non à la merci d'annulations ordonnées par l'État. Reconnaître le résultat des élections de juin affirme que l'intégrité procédurale de l'ECom compte; rejeter le second tour de septembre (qui a suivi l'annulation) renforce le fait que l'ingérence politique ne doit pas remplacer une gouvernance légale.

