- Perdre AFRINIC bloquerait les allocations IP et gonflerait les coûts pour les FAI, menaçant l’expansion des services.
- Sans leadership régional, le déploiement du haut débit, l’inclusion numérique et la confiance dans la gouvernance de l’internet en Afrique en pâtiraient.
Un effondrement du registre entraîne des conséquences tangibles
AFRINIC est placé sous administration judiciaire depuis 2023, son conseil d’administration étant dissous et ses opérations au point mort. Cela a bloqué les allocations d’adresses IP à travers l’Afrique depuis novembre 2024, retardant l’expansion des FAI dans les zones mal desservies. Sans la capacité d’attribuer ou de réattribuer des adresses IP, les fournisseurs de services peinent à planifier des projets d’infrastructure, en particulier dans les marchés ruraux et à forte croissance.
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Coûts en hausse et croissance limitée
Comme AFRINIC ne peut pas effectuer les allocations en temps voulu, de nombreux FAI sont contraints de se tourner vers le marché secondaire IPv4, où les blocs sont vendus à des prix élevés, généralement en dollars américains. Ce coût supplémentaire est inévitablement répercuté sur les consommateurs et ralentit les investissements dans les infrastructures. Les réseaux haut débit et mobiles risquent de retarder leur expansion dans les régions mal desservies en raison des contraintes budgétaires.
Vulnérabilités de sécurité croissantes
La faible adoption du RPKI en Afrique—seulement environ 30 % de l’espace d’adressage est protégé—a accru la vulnérabilité aux détournements de routes. Des incidents au Nigeria et au Cameroun ont déjà mis en évidence des faiblesses majeures. Sans une AFRINIC opérationnelle pour soutenir la sécurité du routage, les risques pour les infrastructures numériques nationales augmentent considérablement.
Érosion de la confiance et vide de gouvernance
La crise de gouvernance prolongée d’AFRINIC a érodé la confiance des FAI, des groupes civiques et des régulateurs. Son incapacité à organiser des élections ou à répondre aux violations des politiques sape la confiance du public dans la gouvernance multipartite de l’internet en Afrique. Ce vide de gouvernance soulève des inquiétudes quant à l’abandon par l’Afrique du contrôle de la gestion des adresses IP à des entités externes, telles que l’ICANN ou un autre RIR, avec le risque de décisions qui pourraient ne pas correspondre aux besoins locaux.
Perturbation de l’agenda de transformation numérique
Une gestion stable des adresses IP est fondamentale pour les services numériques tels que l’administration en ligne, les plateformes de santé, les réseaux éducatifs et les infrastructures bancaires. L’effondrement d’AFRINIC perturberait la connectivité, menacerait la disponibilité des services et bloquerait les projets de transformation numérique sur tout le continent.
Souveraineté régionale en jeu
Smart Africa et d’autres organisations panafricaines ont averti que la crise d’AFRINIC met en péril la souveraineté numérique de l’Afrique. La perte du contrôle local sur les ressources IP pourrait signifier une perte d’influence dans les forums de gouvernance de l’internet, les espaces politiques et les décisions d’évolution technologique.

