• Cloud Innovation propose une dissolution judiciaire de l'AFRINIC, citant un effondrement de la gouvernance et des défaillances opérationnelles.
  • L'ICANN émet un avertissement formel sous ICP-2, augmentant les enjeux pour l'avenir des adresses IP en Afrique.

Que s'est-il passé: Cloud Innovation appelle à la liquidation de l'AFRINIC suite à un effondrement de la gouvernance

Dans le contexte d'une crise de gouvernance prolongée à l'AFRINIC, Cloud Innovation a officiellement proposé de soutenir la liquidation judiciaire du registre. Dans sa déclaration urgente de juillet 2025, l'entreprise affirme que l'AFRINIC est « structurellement et opérationnellement défaillante », incapable de remplir son mandat fondamental de gestion équitable des adresses IP à travers l'Afrique.

La proposition, soumise à la Cour suprême de Maurice, recommande de remplacer l'AFRINIC par une structure décentralisée, dirigée par les opérateurs, soutenue par des équipes de transition technique et supervisée par des organismes mondiaux tels que l'ICANN. Cela survient alors que l'ICANN exprime également de sérieuses inquiétudes, plaçant officiellement l'AFRINIC « sous surveillance » en vertu de l'ICP-2, avertissant que le registre pourrait ne plus répondre aux normes minimales de reconnaissance en tant que registre Internet régional (RIR).

La crise s'est intensifiée à la suite d'élections contestées, d'allégations d'irrégularités de gouvernance et d'une paralysie juridique persistante, suscitant des craintes pour l'avenir de la stabilité des adresses IP sur le continent africain.

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Pourquoi c'est important

La dissolution potentielle de l'AFRINIC marquerait le tout premier échec d'un registre Internet régional dans le système mondial de gouvernance d'Internet. L'appel de Cloud Innovation à une transition contrôlée reflète les préoccupations plus larges des opérateurs de réseau, des fournisseurs d'hébergement et des acteurs du numérique qui expriment depuis longtemps leur frustration face à la prise de décision opaque de l'AFRINIC, à son manque de transparence opérationnelle et à sa gouvernance politisée.

Si le tribunal approuve la dissolution, la gestion des adresses IP en Afrique passerait d'une organisation basée en Afrique à une organisation européenne, asiatique ou américaine, là où se trouvent les autres RIR. Ce développement survient alors que le continent africain fait face à une croissance numérique rapide.

Les internautes africains devraient dépasser le milliard d'ici 2030, et toute perturbation dans l'allocation des adresses IP pourrait compromettre les programmes de transformation numérique, l'expansion des services cloud et le développement de l'IA. Une défaillance des fonctions essentielles du registre AFRINIC risque d'entraîner une fragmentation, un détournement d'adresses et une instabilité du routage. La proposition de Cloud Innovation remet en question le statu quo, visant à protéger l'infrastructure technique, et non les héritages politiques.