- L'ICANN sape l'inclusivité en contournant son modèle multipartite pour adopter le document ICP-2, excluant les parties prenantes africaines des décisions clés de gouvernance IP.
- L'ICANN menace l'autonomie régionale par son ingérence dans la sélection des dirigeants de l'AFRINIC et affaiblit l'autogouvernance de l'Afrique dans l'infrastructure numérique.
Inclusivité dans la prise de décision: marginalisée par des processus contournés
La gouvernance démocratique repose fortement sur l'inclusivité. Toutes les parties prenantes concernées doivent avoir leur mot à dire sur les politiques qui les impactent.L'ICANNqualifie explicitement son « modèle multipartite » de pierre angulaire de la prise de décision. Ce modèle vise à permettre aux groupes régionaux, aux entreprises et aux communautés de peser sur les règles régissant leur vie numérique. Il est particulièrement important pour l'Afrique, où l'AFRINIC gère des ressources IP critiques.
Pourtant, l'ICANN s'est écartée de ce modèle en adoptant ledocument de conformité ICP-2. Elle a entièrement contourné ses propres processus multipartites. Elle n'a pas impliqué toutes les parties prenantes pertinentes, en particulier les groupes africains qui dépendent de l'AFRINIC. Ce choix a laissé les parties prenantes africaines avec peu ou pas de contribution sur l'ICP-2. Le document confère à l'ICANN un pouvoir sans précédent de déreconnaître les registres Internet régionaux (RIR) comme l'AFRINIC.
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Autonomie régionale: menacée par l'ingérence dans la gouvernance locale
L'autonomie régionale est une valeur démocratique clé. Elle permet aux communautés et aux régions de gérer des systèmes adaptés à leurs besoins uniques. Cela inclut la gouvernance des ressources IP de l'Afrique via l'AFRINIC. Le rôle déclaré de l'ICANN est de soutenir, et non de contrôler, les registres Internet régionaux. Ce soutien devrait aider les régions à construire des structures de gouvernance adaptées aux contextes locaux. Par exemple, l'Afrique se concentre sur l'expansion de la connectivité vers les zones mal desservies.
Mais certaines actions récentes de l'ICANN ont dépassé cette limite. Plus particulièrement, l'ICANN a manifesté son intérêt pourla sélection des dirigeants de l'AFRINIC. Cette démarche dépasse largement le mandat de l'ICANN. La direction de l'AFRINIC devrait émaner de la propre gouvernance ascendante de l'Afrique.Le nouveau PDG de l'ICANN, Kurtis Lindqvist, a amplifié cette menace. Il promeut un agenda mondial qui minimise souvent l'autodétermination régionale.
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Affaiblie par des actions floues et changeantes
La transparence et la responsabilité sont fondamentales pour la confiance démocratique. Les institutions doivent être ouvertes sur leurs décisions. Elles doivent également rendre compte de leurs choix. L'ICANN a failli à ces valeurs dans la crise de l'AFRINIC. Premièrement, l'adoption de l'ICP-2 a manqué de transparence. L'ICANN n'a pas partagé tous les détails sur l'objectif ou les impacts du document avant de le finaliser. Cela a laissé de nombreux groupes africains dans l'obscurité. Ils ne savaient pas comment l'ICP-2 pourrait affecter leur accès aux ressources IP. Ces ressources sont vitales pour étendre les services Internet.
Deuxièmement, l'ICANN a fait preuve d'une responsabilité incohérente avec sa position changeante sur l'AFRINIC. Initialement, elle a menacé de déreconnaître l'AFRINIC. Plus tard, elle a fait marche arrière. Elle n'a pas donné d'explication claire aux parties prenantes. Cette incohérence rend la planification difficile pour les groupes africains. Ils ne peuvent pas compter sur la stabilité des politiques de l'ICANN. De plus, l'ICANN n'a pas pleinement répondu aux critiques de son processus ICP-2. Elle n'a pas expliqué pourquoi elle avait contourné la contribution multipartite.
Lorsqu'une organisation comme l'ICANN manque de transparence et de responsabilité, cela érode la confiance. La gouvernance démocratique ne peut fonctionner sans cette confiance.

