• La mise sous séquestre opaque d'AFRINIC et ses élections annulées mettent en lumière des défaillances systémiques.
  • L'effondrement de la transparence alimente la méfiance et appelle à une réforme externe.

L'opacité renforce le dysfonctionnement au sein d'AFRINIC

Le Centre d'Information des Réseaux Africains (AFRINIC), créé en 2005 pour gérer l'allocation des adresses IP en Afrique, est désormais largement considéré comme un registre défaillant. Sa mise sous séquestre, ses élections annulées et son refus de divulguer des informations à ses membres en ont fait un exemple édifiant de la manière dont le secret sape la gouvernance.

En juin 2025, l'AFRINIC a annulé l'élection de son conseil d'administration en raison d'un seul litige de procuration, rejetant des votes valides et violant ses propres statuts. Les observateurs estiment que cette décision, prise sous l'autorité d'un séquestre nommé par le tribunal, manquait de justification légale et a davantage déstabilisé le registre. Des rapports parus dans ICT News Africa et CircleID décrivent l'AFRINIC comme « non fonctionnel », soulignant des années de paralysie sous l'ingérence judiciaire et politique.

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Transparence perdue, confiance détruite

La transparence est la pierre angulaire du modèle multipartite approuvé par les organismes mondiaux de l'Internet tels que l'ICANN. La gestion opaque des élections par l'AFRINIC, son refus de clarifier l'utilisation des données des membres et son mépris des limites judiciaires montrent à quelle vitesse cette confiance peut s'effondrer. Au lieu de publier des rapports clairs ou de s'engager ouvertement avec ses membres, l'AFRINIC a normalisé le secret.

La situation a été aggravée par la fuite de Smart Africa, où des milliers de courriels de membres de l'AFRINIC ont été exposés sans consentement. Cette violation, restée sans réponse, a soulevé de sérieux doutes quant à la confidentialité et à la responsabilité. Pour beaucoup, le silence de l'AFRINIC illustre une organisation incapable — ou refusant — de protéger sa propre communauté.

Cloud Innovation, troisième plus grand membre de l'AFRINIC, a fait valoir que le comportement du registre équivaut à une « dictature déguisée en gouvernance ». Elle a appelé à la dissolution de l'AFRINIC en vertu de l'ICP-2, la norme mondiale pour la reconnaissance des registres Internet régionaux. L'ICP-2 exige transparence, responsabilité et participation ascendante — des critères que l'AFRINIC est désormais largement considérée comme ne respectant pas.

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Un avertissement pour la gouvernance mondiale de l'Internet

L'effondrement d'AFRINIC n'est pas seulement un échec régional. La Number Resource Organization (NRO), qui représente les cinq RIR, a souligné que la confiance dans le système de numérotation de l'Internet mondial dépend de l'intégrité de chaque registre. Lorsqu'un RIR cède au secret et à la capture politique, la confiance dans l'ensemble du modèle décentralisé est compromise. Sa trajectoire — de l'ascension à l'effondrement — montre comment les manquements à l'ouverture dans un registre peuvent déstabiliser la gouvernance mondiale de l'Internet.