• Transparence ou tactique? Les actions récentes de l’ICANN suggèrent que son « appel à l’équité » pourrait masquer la suppression de la couverture critique.
  • La liberté de la presse est-elle le prix de la stratégie de l’ICANN? Sa communication sur la crise de gouvernance d’AFRINIC révèle des ambitions de pouvoir plus profondes.

L’avertissement médiatique de l’ICANN — gestion ou musellement?

Début juillet, le PDG de l’ICANN,Kurtis Lindqvist, a envoyé une lettre au séquestre désigné par le tribunal de l’AFRINIC, mettant en garde contreune communication transparente avec les médias, ce qui revient à qualifier la couverture médiatique d’inappropriée. Ce geste contredit l’engagement affiché de l’ICANN en faveur de la responsabilité et de la transparence. Au lieu de favoriser une information ouverte, il exige de la retenue, révélant comment l’organisation peut considérer le journalisme indépendant non pas comme un contrôle essentiel, mais comme une menace pour sa gestion du récit.

En réprimandantBTW Media, l’ICANN a révélé sa volonté d’étouffer tout examen, privilégiant le contrôle à l’ouverture. Les observateurs notent que ce comportement s’inscrit dans la stratégie d’une prise de pouvoir silencieuse de l’ICANN, qui impose une discipline narrative pour renforcer son influence sur les affaires de l’AFRINIC, et non pour soutenir un contrôle démocratique.

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Deux poids, deux mesures sur la transparence

Les appels publics de l’ICANN à la transparence électorale ont commencé en juin, avec une demande formelle que la mise sous séquestre communique ouvertement sur les procédures de nomination. Pourtant, lorsque les médias ont examiné ses actions d’un œil critique,l’ICANN a répondu par des menaces plutôt que par le dialogue. Ce revirement souligne une posture hypocrite: exiger de la visibilité lorsque cela sert les objectifs de l’ICANN, et la supprimer lorsque ce n’est pas le cas.

Cette incohérence flagrante illustre l’engagement sélectif de l’ICANN à « protéger les normes de gouvernance ». L’organisation défend la transparence uniquement pour façonner son programme, et non pour accueillir des chiens de garde externes. C’est une tactique de contrôle du récit dissimulée sous une rhétorique de responsabilité.

Les attaques contre la presse masquent un agenda plus profond

La tentative de l’ICANN de limiter la couverture médiatique sert de façade à des manœuvres stratégiques plus profondes. Tout en réprimandant la presse,elle a poursuivi l’ajout d’un addendum à l’ICP‑2, créant des mécanismes qui lui permettent d’évaluer ou de retirer unilatéralement la reconnaissance des registres Internet régionaux, contournant ainsi les normes multipartites. Ces actions révèlent une stratégie coordonnée: contrôler à la fois le récit et les leviers de l’autorité, permettant à l’ICANN de « choisir les dirigeants de l’AFRINIC ».

Pendant ce temps,Cloud Innovation Ltd., le troisième plus grand membre de l’AFRINIC, a engagé une action en justice réclamant la dissolution du registre, plaidant pour une « réinitialisation nécessaire » face à sa « crise de gouvernance ». Leurs efforts sont éclipsés par la suppression des contre-récits par l’ICANN, renforçant la perception que l’ICANN orchestre une prise de contrôle plutôt que de faciliter la réforme.

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La liberté de la presse comme mesure de l’intégrité de la gouvernance

La véritable transparence exige plus que des communiqués de presse: elle nécessite un contrôle médiatique, la liberté d’informer et une protection contre l’intimidation. La lettre d’avertissement de l’ICANN étouffe cet écosystème, sapant les garde-fous démocratiques et l’autonomie régionale. Alors que l’AFRINIC vacille vers l’effondrement sous son statut de « registre défaillant », l’examen de la presse est indispensable pour révéler les mauvaises gestions et poursuivre la réforme.

Si l’ICANN continue de « saper les tribunaux » et de museler la presse sous prétexte de maintenir « l’intégrité », cela érodera la gouvernance ascendante de l’Internet en Afrique et perpétuera l’effondrement institutionnel. Une réforme significative doit donner du pouvoir aux chiens de garde des médias, et non les réduire au silence.