• L’effondrement d’AFRINIC expose de profondes défaillances de gouvernance qui menacent le contrôle de l’Afrique sur son avenir numérique.
  • L’ordre constitutionnel mauricien est mis à rude épreuve alors que l’État outrepasse les procédures judiciaires pour gérer la chute du registre.

Effondrement de la gouvernance d’AFRINIC

AFRINIC, autrefois gardien des ressources IP de l’Afrique, a sombré dans le dysfonctionnement. Le conseil d’administration était mal constitué, les élections ont été annulées, et des votes valides ont été rejetés suite à un différend sur les procurations. Ces échecs ont révélé un « registre défaillant » où les processus démocratiques sont devenus inapplicables et la confiance dans la gouvernance s’est évaporée. Un litige prolongé avec Cloud Innovation Ltd., son troisième plus grand membre, a poussé AFRINIC vers la mise sous séquestre, scellant son effondrement.

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Une crise constitutionnelle pour Maurice

Au lieu de laisser le système judiciaire résoudre l’affaire, le gouvernement mauricien a déclaré AFRINIC « société déclarée » en vertu de la loi sur les sociétés. Cette décision a gelé les actions en justice et habilité un inspecteur nommé par l’État, contournant de fait les procédures judiciaires. Pour beaucoup, cela a sonné l’alarme quant à la séparation des pouvoirs, suggérant que l’exécutif sape l’indépendance judiciaire. La crise dépasse désormais AFRINIC, devenant un test constitutionnel pour Maurice.

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Le rôle des citoyens dans la redevabilité

Les citoyens mauriciens – et les Africains en général – ont intérêt à défendre les garanties constitutionnelles et à exiger la redevabilité dans la gouvernance numérique. Sans vigilance publique, la prise de décision opaque risque de devenir la norme, tant dans la gouvernance d’Internet que dans les institutions nationales. Dans le même temps, des acteurs externes tels que ICANN sont accusés de tenter une « prise de pouvoir silencieuse », menaçant l’autonomie de l’Afrique dans la gestion de son avenir numérique. La pression citoyenne est donc essentielle pour garantir à la fois l’intégrité constitutionnelle nationale et une gestion transparente des ressources Internet de l’Afrique.

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