- Les membres d’AFRINIC élisent le conseil d’administration conformément à la loi mauricienne, mais les annulations ordonnées par l’État effacent leurs votes légalement protégés.
- Reconnaître le scrutin de septembre invite à de futures ingérences gouvernementales et sape la gouvernance ascendante de l’Internet en Afrique.
Pouvoirs formels des membres et processus électoral
Les membres d’AFRINIC détiennent l’autorité ultime pour élire le conseil d’administration conformément à sa constitution et à la loi mauricienne sur les sociétés (Companies Act). Ils désignent les candidats, votent (y compris par des mécanismes de procuration valides) et s’attendent à ce que leurs bulletins comptent. Le Comité électoral (ECom) gère les aspects techniques et procéduraux, mais ce sont les membres qui décident qui dirige. En fonctionnement normal, ce modèle garantit la responsabilité: les membres du conseil doivent rendre des comptes aux membres, et les décisions reflètent le consensus communautaire.
Cependant, des garanties juridiques doivent soutenir cette structure. Les votes des membres devraient être protégés par le droit des sociétés et les règlements internes. Lorsque les membres participent pleinement et de bonne foi – en donnant procuration, en votant en personne ou par voie électronique – l’attente est que leurs votes ne puissent être annulés que par un processus transparent et supervisé par un juge. Leur pouvoir ne réside pas simplement dans l’acte de voter, mais dans l’assurance que le résultat sera maintenu à moins d’être légalement annulé selon des critères stricts.
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Quand le pouvoir des membres est compromis par des recours juridiques faibles
Dans la crise d’AFRINIC, l’élection de juin 2025 – tenue sous supervision judiciaire et conformément aux statuts – a représenté un sommet de participation des membres. Mais lorsque le gouvernement mauricien est intervenu et a ordonné l’annulation par l’intermédiaire du séquestre nommé par le tribunal, cette intervention a anéanti le pouvoir des membres. Aucune décision judiciaire démontrant une cause légale suffisante n’a été divulguée publiquement pour justifier l’annulation en vertu de la loi sur les sociétés.
La directive visant à annuler un résultat déterminé par les membres est incompatible avec le principe selon lequel AFRINIC doit obéir à la loi mauricienne, et non à des ordres politiques.
Suite à l’annulation, un nouveau scrutin en septembre a été imposé – scrutin qui ne peut être légitimement reconnu car il découle d’un processus ayant débuté par une intervention étatique inconstitutionnelle. Accepter ce nouveau scrutin créerait un précédent dangereux: le contrôle des membres pourrait être outrepassé à volonté par les acteurs étatiques, annihilant tout le concept de gouvernance par les membres. Cela est particulièrement périlleux dans le contexte de l’infrastructure Internet. Lorsque des acteurs externes – tels que les États-Unis ou l’ICANN, via le nouveau document relatif à l’ICP-2 de Kurt Lindqvist – signalent leur soutien à une telle ingérence étatique, ils valident un processus qui piétine la démocratie tout en prétendant la défendre. La souveraineté africaine est en jeu: les membres doivent avoir un pouvoir réel, pas une participation symbolique dont les résultats peuvent être anéantis au gré d’un gouvernement.
Appel à l’action: les résultats de juin doivent être reconnus, l’ingérence stoppée et les recours juridiques renforcés afin que les votes des membres ne puissent être rendus vains.

