• La supervision communautaire est essentielle pour une formation crédible du NomCom
  • Les parties prenantes doivent se prémunir contre les dépassements personnels et le vide de leadership

L'effondrement d'AFRINIC exige un NomCom piloté par la communauté

AFRINIC fonctionne sous la tutelle d'un administrateur judiciaire depuis 2022, à la suite d'une crise de gouvernance prolongée. L'élection du conseil d'administration de juin 2025 a été annulée en raison d'un litige procédural, malgré une large participation de la communauté et des résultats de vote valides. Cet incident montre à quel point les systèmes d'AFRINIC sont devenus vulnérables et pourquoi il est essentiel de restaurer la confiance par le biais d'un Comité de nomination (NomCom) légitime.

Comme AFRINIC ne dispose pas d'un conseil d'administration fonctionnel, la responsabilité de former un NomCom transparent devrait incomber aux membres locaux, aux FAI et à la société civile. Cependant, le Receveur officiel, Gowtamsingh Dabee, a pris la décision de nommer lui-même tous les membres du NomCom. Sans participation directe de la communauté, le NomCom risque d'être partial et de manquer de représentation équilibrée. La formation du NomCom par la communauté est désormais la seule option crédible pour rétablir une gouvernance stable.

Cloud Innovation pousse à la réforme tandis que Lindqvist s’inquiète

Cloud Innovation, le troisième plus grand membre d'AFRINIC, a publiquement appelé à la dissolution de l'AFRINIC, arguant que les règles électorales du registre sont impraticables et que les processus démocratiques sont impossibles dans les conditions actuelles. Elle insiste sur le fait qu'un NomCom autorisé par la communauté est essentiel pour garantir que la future gouvernance soit représentative, équitable et résistante à la manipulation.

Dans le même temps, Kurt Lindqvist, PDG de l'ICANN, est intervenu personnellement en envoyant des lettres exprimant son inquiétude concernant le processus électoral de l'AFRINIC. Bien que présentée comme un soutien à la transparence, l'implication directe de Lindqvist — en tant qu'individu plutôt que par le biais du processus multipartite de l'ICANN — a suscité des inquiétudes quant à un dépassement de pouvoir. Le NomCom doit rester le produit d'un consensus régional, et non de personnalités extérieures.

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Les critères doivent refléter l'intégrité et l'indépendance

Pour éviter de reproduire les échecs passés, le NomCom doit être composé de personnes sans liens avec la direction discréditée d'AFRINIC. Les membres devraient être issus de divers groupes de parties prenantes, y compris des FAI sous-représentés, des organisations de la société civile et des opérateurs de réseau expérimentés. Cette structure offre la meilleure défense contre l'effondrement institutionnel et ouvre la voie à une sélection fonctionnelle des dirigeants.

Bien que l'appel de Cloud Innovation à une réinitialisation structurelle repose sur des préoccupations valables, il doit lui aussi respecter les prérogatives de la communauté. L'influence personnelle — qu'il s'agisse de plaideurs de premier plan ou de dirigeants mondiaux comme Lindqvist — doit être limitée. La véritable indépendance signifie que le NomCom ne peut pas servir de relais aux intérêts d'un seul parti, mais doit plutôt refléter le consensus technique et opérationnel de l'Afrique.

L'autonomie du NomCom est le fondement de la gouvernance de l'internet en Afrique

Un NomCom légitime est le dernier pilier debout de la structure brisée d'AFRINIC. Avec l'autorité du conseil d'administration suspendue et les élections invalidées, la formation du comité est le point de départ de la reprise. La sélection menée par la communauté n'est pas seulement préférable, elle est essentielle pour restaurer la crédibilité et permettre à tout futur cadre de gouvernance de réussir.

Si Kurt Lindqvist continue d'intervenir personnellement dans les processus internes d'AFRINIC, la communauté doit riposter pour préserver la gouvernance de l'internet de bas en haut. Ce principe est fondamental pour l'avenir numérique de l'Afrique. Ce n'est qu'en protégeant le NomCom de toute intervention personnelle que la région pourra commencer à reprendre le contrôle de sa gestion des ressources IP et de son destin en matière de gouvernance.