Résumé

  • Les longueurs publiées pour APX North, APX East-2 et APX West totalisent 24 100 km ; le même communiqué annonce plus de 40 000 km de câble à installer.
  • Des branches ou une convention de comptage différente peuvent expliquer l’écart. SUBCO n’a pas publié le détail qui permettrait de le vérifier ; les 24 paires de fibres annoncées par système ne suffisent pas à expliquer une distance.
  • Les trois projets restent au stade décrit dans l’annonce : les contrats de fourniture et les navires sont encore en cours de finalisation, le Contract in Force est attendu début 2027 et l’achèvement est visé pour 2029.

Le calcul est simple ; le périmètre ne l’est pas

Le communiqué de SUBCO du 22 septembre donne 9 500 km pour APX North, 10 000 km pour APX East-2 et 4 600 km pour APX West. Additionnées une fois, ces longueurs atteignent 24 100 km. Plus loin, le co-directeur général Bevan Slattery indique que l’entreprise prévoit d’installer « plus de 40 000 km de câble en un peu plus de trois ans ». Le texte public ne ventile pas les kilomètres supplémentaires.

La comparaison doit rester prudente. Le communiqué parle de longueur de chaque système, puis d’une quantité de câble à installer. Il peut s’agir de mesures différentes. APX North passerait par Guam et intégrerait des unités de branchement commutées permettant à certaines paires d’éviter l’atterrissement à Guam ; APX West comporterait des branches vers Jakarta et Batam. SUBCO pourrait compter ces tronçons physiques supplémentaires ou un autre périmètre dans le total. Le communiqué ne le précise pas. Il serait donc prématuré de qualifier les 40 000 km d’erreur, comme de les présenter comme un total de routes déjà rapproché.

Les trois systèmes sont décrits avec 24 paires de fibres chacun. C’est une caractéristique de conception, pas une explication de la distance. Ce chiffre ne transforme pas 24 100 km en 40 000 km et ne précise pas la capacité qu’un client pourra acheter. Pour lever l’ambiguïté, SUBCO pourrait publier, pour chaque système, la longueur de l’axe principal, celle de chaque branche ou tronçon alternatif, les segments communs comptés une ou plusieurs fois et la définition exacte de « câble à installer ». Une carte serait utile ; un tableau utilisant les mêmes unités permettrait de vérifier l’addition.

Une annonce n’est pas encore un calendrier de livraison

Les itinéraires annoncés sont précis : APX North doit relier Sydney et le Japon via Guam ; APX East-2 est prévu entre Guam et Los Angeles ; APX West doit relier Perth et Singapour, avec des branches vers Jakarta et Batam. SUBCO présente ces constructions comme une réponse à la demande liée à l’IA. C’est sa thèse commerciale. Le communiqué ne donne ni prévision de débit total pour les trois nouveaux systèmes, ni allocation des 24 paires aux clients, ni contrat de fourniture ou de navire exécuté pour chaque itinéraire.

Le calendrier doit aussi être lu au mot près. SUBCO indique finaliser encore les modalités de fourniture des câbles et des navires. Elle prévoit un Contract in Force (CIF) pour les trois systèmes au début de 2027 et vise leur achèvement en 2029. Le CIF transforme un projet en engagement d’approvisionnement plus concret. Un autre projet de SUBCO permet de comprendre ce que peut apporter ce jalon sans le confondre avec les trois nouveaux câbles : APX East, le système Sydney–Californie, a atteint le CIF le 24 septembre. La société a alors annoncé la commande d’articles à délai long et décrit les étapes de fabrication et d’installation.

APX East n’est pas APX East-2 ; des noms proches ne doivent pas faire confondre les systèmes ni leurs jalons.

Les pages publiques d’APX North et d’APX West indiquent encore que davantage d’informations suivront. Celle d’APX East-2 mentionne Guam et Los Angeles ainsi qu’un objectif de diversité de route, sans donner de ventilation des distances. Cela ne signifie pas que l’étude d’ingénierie n’existe pas. Cela signifie qu’un acheteur extérieur ne peut pas encore confronter le total public au périmètre physique.

Ce que les acheteurs doivent pouvoir vérifier

Un kilométrage mesure l’ampleur d’un chantier, pas la qualité d’un service. Il ne démontre ni l’indépendance des routes, ni la réalisation et la commande effective des branches, ni la date de réception d’une capacité, ni les droits d’utilisation d’un acheteur. Un système peut compter de nombreuses paires tout en dépendant d’un petit nombre de points d’atterrissement, de raccordements terrestres, d’autorisations, de navires ou d’alimentations électriques. Ces dépendances doivent être examinées séparément du nombre de kilomètres annoncé.

Pour les opérateurs et les aménageurs de centres de données, la question utile n’est pas de savoir si le chiffre semble assez élevé pour la demande d’IA. Il faut relier un itinéraire, un produit de capacité et une date de service à un contrat exécuté et à une chaîne de livraison observable. L’annonce invoque des usines d’IA et des besoins de plusieurs centaines de térabits par seconde ; elle n’établit pas le calendrier de capacité de ces systèmes. SUBCO peut expliquer sa méthode de mesure sans divulguer les conditions confidentielles de ses clients.

La note 69 de Heng Lu demande quelle stabilité on cherche à protéger. Son sujet est la gouvernance des RIR, pas le programme de câbles de SUBCO ; la question éditoriale reste néanmoins utile : mesurer la continuité au niveau des réseaux et des clients. Une distance annoncée n’a de valeur opérationnelle que si elle correspond à des routes qui seront construites, testées, acceptées et commercialisées.

Le prochain élément public pourrait rester simple : un tableau rapprochant les longueurs, une carte distinguant les axes principaux des branches, une date de CIF par système, puis les jalons de fourniture, de navires, d’autorisations, de tests et d’acceptation client. Ces éléments transformeraient une annonce ambitieuse en calendrier exploitable. En attendant, les trois systèmes sont des projets significatifs assortis d’une lacune de mesure publique, pas 40 000 km de capacité confirmée et utilisable.

Sources