Résumé

  • Dans le RFC 2129, PROPOSE et PROPOSE ACK identifiaient et éprouvaient un Dedicated-VC entre deux voisins ; OFFER et READY étaient nécessaires pour associer à ce circuit un flux défini par deux adresses IPv4.
  • Le raccourci relevait d’un état souple, révocable et rafraîchi localement. Aucun de ces messages ne certifiait un chemin de bout en bout ni un résultat de qualité de service.

Une réponse, puis une autre

Un routeur avait choisi un circuit virtuel dédié. Ce choix ne suffisait pas à lui confier des paquets. Il envoyait PROPOSE sur ce circuit, avec un identifiant VCID et l’adresse cible du voisin aval. L’accusé PROPOSE ACK revenait par le Default-VC, celui qui demeurait affecté à l’acheminement IP classique saut par saut. Les deux extrémités savaient alors de quel circuit elles parlaient ; elles avaient également vérifié sa disponibilité et le fonctionnement du voisin. Elles n’avaient pas encore convenu du flux qui l’emprunterait.

L’amont présentait ensuite un OFFER sur le Default-VC. Ce message réunissait le VCID, l’identifiant du flux et l’intervalle de rafraîchissement demandé. Le voisin répondait READY sur le même canal de contrôle s’il acceptait de recevoir ce flux sur le Dedicated-VC. C’est seulement cette réponse qui franchissait la seconde frontière. Confondre le premier accusé avec la seconde acceptation reviendrait à prendre la réservation d’une voie pour l’autorisation d’y faire rouler une cargaison donnée. Même READY ne disait rien des routeurs plus loin sur l’itinéraire.

Le RFC 2129 était un mémo Informational, non une norme Internet. Son protocole intervenait entre voisins. Dans l’exemple à trois routeurs, la négociation sur le saut suivant se répétait indépendamment. Le Default-VC conservait le traitement IP ordinaire ; une correspondance acceptée sur le Dedicated-VC permettait à un routeur compatible de faire suivre les cellules sans retraiter chaque en-tête IP. Le gain recherché tenait à ce point de commutation, non à une nouvelle autorité sur l’ensemble du trajet.

La ressource et l’attente

Le déclencheur initial dépendait d’une politique locale, par exemple de ports TCP ou UDP associés à un trafic durable ou volumineux. Un nœud pouvait puiser dans une réserve de circuits déjà établis, accélérant l’activation au prix de ressources inutilisées, ou établir le circuit à la demande par signalisation ATM. Le texte laisse ce compromis entre coût des VC et réactivité à chaque nœud. Il ne mesure ni une économie réalisée ni une vitesse garantie dans un réseau exploité.

La précision des identifiants importe. Le flow-ID défini par ce document contenait les adresses IPv4 source et destination ; ce n’était pas le « flow label » IPv6. Le VCID permettait de reconnaître une connexion entre voisins malgré des valeurs VPI/VCI éventuellement différentes aux deux bouts. Agrégation de plusieurs flux, multidiffusion, signalisation QoS IP et prise en charge d’IPv6 figuraient parmi les travaux futurs, pas parmi les capacités établies. L’identifiant local n’authentifiait pas l’émetteur.

Pourquoi l’accord s’efface

Les deux négociations comportaient des refus : politique locale, type de VCID inconnu, ressources insuffisantes, flow-ID inconnu ou intervalle de rafraîchissement non accepté. Après des demandes sans réponse, le mémo recommandait jusqu’à cinq retransmissions avant de libérer le circuit choisi. Un message émis ne vaut donc pas reçu, et l’absence de réponse ne peut être convertie en consentement.

Une fois le flux accepté, l’aval envoyait périodiquement READY tant qu’il recevait ses paquets sur le Dedicated-VC. Il cessait de le faire en l’absence de paquets ; l’amont supprimait alors l’association après son délai de mort. L’aval disposait aussi d’un délai de suppression plus long pour se défaire de l’état laissé par une panne silencieuse de l’amont. Deux, six et vingt minutes étaient des valeurs conseillées dans le RFC, non un engagement général. La suppression explicite ou la libération par signalisation ATM dépendait du type de circuit.

Leçon historique : un circuit sélectionné, un ACK, un READY et un rafraîchissement sont quatre observations à quatre instants. Elles ne prouvent ni l’origine authentifiée, ni l’accord de chaque saut, ni la livraison, ni la capacité durable, ni une QoS ou une économie. Le RFC 2098 éclairait l’architecture du contournement ; le RFC 2129 montrait le travail discret nécessaire pour maintenir une correspondance locale utilisable. Un raccourci rapide n’était pas autojustifié.

Sources