Résumé
- Daté du 26 septembre, le projet individuel de Steven Mih décrit une interaction pour demander des preuves vérifiables. Son statut d’Internet-Draft informatif ne lui confère ni adoption par l’IETF ni application constatée.
- Pour un sujet, un ancrage de couverture résolu et une dérivation inchangés, le résultat doit être identique octet pour octet quel que soit le demandeur. Un point de contrôle déjà détenu par celui-ci offre un test plus ferme qu’une simple exigence de fraîcheur résolue par le répondant.
- Le répondant peut refuser de façon signée. L’absence enregistrée après un délai relève, elle, du constat du demandeur ; elle n’est ni un refus signé ni une preuve d’intention.
Le choix de l’ancrage détermine ce que vaut une comparaison. Deux contrôleurs peuvent croire consulter « le même historique » tout en recevant chacun un point de contrôle différent. Les fichiers obtenus ne seront alors pas comparables au titre de la règle proposée, même si leur divergence est intéressante à enquêter. À l’inverse, si les deux disposent déjà du même point de contrôle indépendant, le nouveau projet de Steven Mih exige qu’une demande portant sur le même sujet et la même dérivation donne le même artefact. C’est la différence entre vérifier la cohérence d’une réponse et simplement admirer une signature.
draft-mih-agent-evidence-request-00, publié le 26 septembre 2026, est classé « Individual » et « I-D Exists » par le Datatracker de l’IETF. Il ne s’agit pas d’un texte adopté par un groupe de travail, d’une norme en vigueur ou de la description d’un incident. L’auteur propose la forme de la demande et de ses issues, sans imposer un format de preuve, un système d’identité ni un droit d’accès.
Le demandeur désigne un sujet : historique complet, points de contrôle, enregistrement, intervalle, corrélation ou échange. Il choisit exactement l’une des deux façons de borner la couverture. expected_pin désigne un point qu’il connaît par une source indépendante ; min_freshness fixe un seuil et laisse au répondant le choix d’un ancrage admissible. L’absence de ces deux paramètres, ou leur présence simultanée, rend la demande mal formée. Un éventuel calcul dérivé fait aussi partie de l’identité de la réponse attendue.
La règle d’invariance ne signifie pas « ouvrir les archives à tous ». Le répondant peut limiter l’accès ; s’il fournit toutefois un artefact pour la même combinaison sujet–ancrage résolu–dérivation, ses octets doivent rester identiques d’un public et d’un canal à l’autre. Il ne peut servir une version flatteuse à un partenaire et une version plus complète à un auditeur tout en prétendant avoir satisfait cette même demande. Il pourrait, en revanche, refuser l’un des deux. Et si les ancrages diffèrent, il faut vérifier qu’ils appartiennent à un historique append-only mutuellement cohérent.
Cette comparaison entre témoins ne se déduit pas d’un seul fichier reçu.
Le projet prévoit trois issues finales. Outre l’artefact, un refus signé lie l’empreinte de la demande, l’heure d’émission et une raison lisible par machine à la signature du répondant. Des raisons précises existent, mais une formule générale de refus pour motif de politique peut éviter de révéler l’existence d’un sujet. La troisième issue, l’absence enregistrée, ne naît qu’après une fenêtre d’attente. C’est une trace gardée par le demandeur, non une déclaration du répondant.
Un engagement signé de conservation jusqu’à une date donnée peut renforcer l’attribution d’une défaillance ultérieure ; sans lui, le silence prouve surtout qu’une tentative a été faite, pas pourquoi elle a échoué.
Enfin, l’égalité des artefacts n’équivaut pas à l’exhaustivité du journal. Un événement jamais inscrit peut laisser un historique cryptographiquement cohérent mais incomplet. Une carte d’historique sans contenu des enregistrements peut révéler cadence et volume ; une empreinte sur une donnée facile à deviner n’assure pas le secret. Ce sont des limites exposées par le texte, pas des défauts constatés chez un opérateur. Le véritable gain, s’il était mis en œuvre, serait de rendre certaines présentations sélectives vérifiables, sans confondre ce contrôle local avec un jugement sur la réalité entière.
Sources
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