Résumé
- RFC 9566 transporte la séquence DetNet dans un mot de contrôle sur MPLS-over-UDP/IP afin que les nœuds puissent répliquer, éliminer les doublons et rétablir l’ordre.
- Une sortie ordonnée prouve ce que cette chaîne configurée a libéré, non pourquoi un numéro manque, si une copie tardive existe encore ou si l’application a respecté son échéance.
- La preuve opérationnelle doit conserver séparément configuration, trajets et temps de chaque copie, fenêtre d’élimination, temporisation d’ordre et résultat du destinataire.
Un paquet devient plusieurs copies. La plus rapide atteint le point de fusion, les suivantes sont rejetées comme doublons, puis une chambre d’ordre attend un prédécesseur absent. À l’expiration du délai, elle libère les paquets retenus. La séquence est nette ; le passé qui l’a produite ne l’est pas nécessairement.
RFC 9566 ajoute PREOF au plan IP de DetNet en réutilisant la sous-couche de service MPLS sur UDP/IP. Le DetNet Control Word porte la séquence, le S-Label porte un Service-ID local au récepteur et le tunnel UDP/IP assure l’acheminement. L’absence de F-Label permet d’exploiter les champs MPLS sans exiger un plan de transfert MPLS.
Le Service-ID ne constitue donc pas un nom universel du paquet. Il est choisi par le récepteur, peut changer dans un relais et différer entre les flux membres issus d’une réplication. Adresses, ports UDP, Flow Label et DSCP permettent de reconnaître un contexte configuré ; ils ne certifient ni l’intention de la source ni le chemin réellement suivi.
Plusieurs copies ne prouvent pas plusieurs destins
PREOF cherche des chemins aussi disjoints que possible. Deux tunnels distincts peuvent pourtant partager une fibre, une alimentation, une file, une erreur de contrôleur ou une agrégation. RFC 9566 précise aussi que plusieurs flux agrégés dans le même tunnel UDP suivent le même chemin. Un compteur de copies n’est donc pas un reçu de diversité.
Il faut joindre l’époque de configuration, les identifiants des flux membres, les parcours observés, les risques communs et les temps de départ et d’arrivée. Sans cette jointure, trois copies peuvent rester trois manifestations d’une seule dépendance.
L’élimination produit un verdict local
La fenêtre d’historique classe une arrivée comme nouvelle, répétée, tardive ou hors état conservé. Un trou de séquence peut provenir d’une perte, d’un retard, d’un mauvais sélecteur, d’une remise à zéro, d’une fenêtre expirée ou d’un paquet jamais entré dans le flux attendu. La première copie acceptée n’est pas forcément la meilleure ; elle est celle que l’état local pouvait accepter.
RFC 9550 borne encore la portée du résultat : POF remet en ordre dans la limite de latence du flux, sans ajouter de fiabilité. Il garde un paquet jusqu’à l’arrivée du prédécesseur ou l’expiration de POFMaxDelay. Cette échéance est une décision d’ingénierie, pas une preuve que le prédécesseur n’existe plus.
POF suppose que PEF a déjà retiré les doublons et que l’écart de délai entre chemins est connu et borné. Une copie hors fenêtre, un reset ou une mauvaise initialisation peut réintroduire désordre et attente. Le tampon conditionnel accroît aussi les rafales, qu’un régulateur distinct devra traiter.
La chaîne probante doit donc suivre : sélection et Service-ID ; séquence à la source ; copies et chemins ; état de la fenêtre d’élimination ; survivant et rejets ; tampon, minuterie et époque de reset ; émission ; complétude, échéance et résultat applicatifs. La norme autorise un mécanisme. Seule l’observation jointe démontre le service obtenu.
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