• Nokia affirme que les opérateurs mobiles détiennent des données « extraordinairement précieuses » issues des réseaux, susceptibles d'alimenter de nouveaux services
  • Transformer les données réseau brutes en produits rentables présente des défis techniques, réglementaires et commerciaux.

Ce qui s'est passé

L'équipementier réseau Nokia a souligné la valeur des données générées par les réseaux des opérateurs mobiles. Dans un récent commentaire, les dirigeants de l'entreprise ont insisté sur le fait que les informations détaillées provenant des infrastructures 4G, 5G et futures 6G pourraient soutenir de nouvelles applications et sources de revenus. Cela inclut les schémas de comportement des clients, les indicateurs de qualité de service et les informations de type capteur liées aux appareils connectés.

Nokia fait valoir que si les opérateurs collectent d'énormes quantités de données à partir de leurs réseaux d'accès radio (RAN), des fonctions de réseau central et des appareils des utilisateurs, ils manquent souvent de stratégies pour convertir cela en produits au-delà de l'optimisation de base des services. Les dirigeants ont fait référence à l'essor de secteurs axés sur les données, tels que la publicité ciblée et l'analyse logistique, pour illustrer les cas d'utilisation potentiels.

Ils ont également noté que les fournisseurs de cloud public monétisent déjà les informations sur les performances et les modèles d'utilisation dans d'autres secteurs.

Le commentaire n'a pas proposé de feuille de route unique, mais a présenté la monétisation des données comme une opportunité significative pour le secteur des télécommunications. Nokia a fait référence aux écosystèmes en évolution autour de l'informatique en périphérie (edge computing) et des API réseau qui pourraient permettre aux développeurs tiers d'accéder aux analyses réseau de manière contrôlée. Cependant, l'entreprise a également reconnu que les réglementations sur la confidentialité telles que le RGPD de l'UE imposent des limites strictes à ce que les opérateurs peuvent collecter et partager.

Des organismes de normalisation industriels comme la GSMA et l'ETSI travaillent sur des cadres pour l'échange sécurisé de données réseau, bien que l'adoption généralisée reste inégale.

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Pourquoi c'est important

Les opérateurs télécoms cherchent depuis longtemps à diversifier leurs revenus au-delà de la connectivité. L'idée de transformer la télémétrie réseau en informations commercialisables est séduisante car les opérateurs possèdent déjà l'infrastructure et les flux de données. En théorie, ils pourraient offrir des services aux villes intelligentes, à l'analyse du commerce de détail, aux opérateurs de transport et au marché plus large de l'Internet des objets (IoT).

Cependant, des obstacles importants subsistent. Les données réseau brutes sont souvent propriétaires, complexes et liées à des informations personnelles identifiables. Même avec l'anonymisation, les opérateurs doivent composer avec des lois strictes sur la confidentialité et des exigences de consentement des consommateurs. Les régulateurs en Europe et ailleurs sont de plus en plus prudents quant à la réutilisation des données de télécommunications, surtout lorsque cela pourrait avoir un impact sur la vie privée des utilisateurs.

Une autre question est celle de l'incitation commerciale. Les plateformes cloud et les géants de la publicité numérique disposent déjà d'écosystèmes de traitement de données matures. Les opérateurs télécoms doivent décider s'ils peuvent créer des offres concurrentielles ou s'ils risquent de subventionner des plateformes tierces. L'investissement nécessaire pour les plateformes de données, les écosystèmes de développeurs et les services basés sur la périphérie pourrait ne pas être rentable rapidement à moins que les opérateurs ne trouvent des cas d'utilisation clairs et à forte valeur ajoutée.

Enfin, la manière dont Nokia présente cette opportunité encourage implicitement les fournisseurs et les opérateurs à s'allier plus étroitement. Pourtant, encourager une intégration plus poussée des données comporte ses propres risques, notamment le verrouillage des fournisseurs et les défis de gouvernance concernant qui contrôle et bénéficie des informations réseau. Les sceptiques pourraient se demander si les détaillants ou les fournisseurs IoT veulent vraiment des produits de données centrés sur les opérateurs, ou si les écosystèmes de données ouverts l'emporteront à mesure que les services numériques mûrissent.

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