• Menée par le groupe industriel norvégien Aker, la levée de fonds valorise Nscale à environ 3 milliards de dollars et inclut l'engagement de Nvidia de fournir jusqu'à 300 000 puces IA.
  • Nscale cherche à se positionner comme un fournisseur d'infrastructure IA « souverain » avec des capacités de centres de données locales, mais certains critiques soulignent sa propriété australienne et remettent en question son caractère véritablement « britannique ».

Ce qui s'est passé: Une levée record, des bailleurs de fonds mondiaux — mais des questions sur l'identité britannique de Nscale

Nscale, une entreprise d'infrastructure IA basée au Royaume-Uni, a clôturé une levée de fonds de série B de 1,1 milliard de dollars — la plus importante de l'histoire britannique et européenne. Le tour a été mené par Aker ASA, qui a investi environ 285 millions de dollars en espèces et en terrains, acquérant une participation de 9,3 % dans l'entreprise. Parmi les autres entités figurent Nvidia, Dell, Fidelity, Nokia et G Squared.

Nvidia s'est engagé à hauteur de 500 millions de dollars dans le cadre de ce soutien plus large, et prévoit en retour de fournir jusqu'à 300 000 puces GPU à Nscale au fil du temps. Une partie du financement est liée à des engagements d'infrastructure tels qu'une coentreprise avec Aker à Narvik, en Norvège, qui implique déjà un contrat de 6,2 milliards de dollars avec Microsoft pour l'accès à des capacités de centres de données.

Nscale prévoit également de soutenir des projets au Royaume-Uni dans le cadre du programme « Stargate UK » (en collaboration avec OpenAI et Nvidia) et de construire des campus IA à grande échelle, dont un superordinateur à Loughton. Sa pile technologique couvre des clusters bare-metal et gérés, l'inférence sans serveur et des services d'affinage d'IA.

Cependant, certains commentateurs notent que bien que Nscale ait son siège social au Royaume-Uni, elle a été créée à partir d'Arkon Energy en Australie — qui, selon les documents publics, en reste l'unique actionnaire. Cela soulève des questions sur le caractère véritablement « britannique » de l'entreprise en termes de propriété.

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Pourquoi c'est important

Le boom de l'IA a accéléré la demande en puissance de calcul massive et en capacité GPU, et la levée de fonds de Nscale souligne un changement: l'infrastructure est désormais au cœur de la course à l'IA, au-delà des modèles et des algorithmes. En obtenant ce capital, Nscale est mieux positionnée pour déployer des centres de données plus près des entreprises et des clients gouvernementaux, ce qui aide à gérer la latence, les contraintes réglementaires et de souveraineté des données.

D'un point de vue stratégique, le soutien de Nvidia fait du fabricant de puces non seulement un fournisseur, mais aussi un mécène de son propre écosystème en aval; en soutenant les fournisseurs d'infrastructure, Nvidia contribue à cultiver la demande future pour son matériel.

Pourtant, le discours sur l'« infrastructure IA souveraine » comporte des risques implicites. Construire et exploiter des centres de données à l'échelle de l'IA nécessite beaucoup de capitaux, d'énergie et est complexe. Tenir les promesses d'efficacité énergétique, de conformité aux réglementations locales et de sécurité opérationnelle est bien plus difficile que de les présenter.

Et sur la question de l'allégeance nationale: les contrats publics ou les incitations devraient-ils bénéficier à des entreprises étiquetées « britanniques » si leur propriété, leur contrôle ou leur origine se trouvent ailleurs ? La tension entre l'image de marque et la réalité pourrait devenir un enjeu majeur alors que le Royaume-Uni (et d'autres nations) cherche à ancrer le développement de l'IA sur son sol.