Summary

  • Pendant son audit de février 2024 à septembre 2025, le GAO n'a trouvé aucun essai de cryptographie post-quantique dans l'environnement propre des 24 agences étudiées. Une seule avait recherché des produits candidats, sans les tester.
  • La consigne budgétaire de 2022 demandait inventaires, évaluations financières et essais ; les premières normes centrales du NIST ont été finalisées en août 2024. Le passage de la règle au système exploité reste la décision décisive.

Une norme entre dans le journal officiel, pas dans le serveur

Le rapport public du GAO, publié le 6 octobre 2026 puis clarifié le 14 octobre, résume une enquête conduite de février 2024 à septembre 2025. Ses nombres décrivent cette période ; ils ne constituent pas un relevé des installations en novembre 2026. Cette précision compte : un retard observé est assez grave sans lui prêter une durée que le rapport ne mesure pas.

En novembre 2022, l'Office of Management and Budget avait demandé aux agences d'identifier les systèmes prioritaires utilisant une cryptographie vulnérable, d'évaluer le financement de leur remplacement et de tester les solutions post-quantiques dans leurs propres environnements. En août 2024, le NIST a finalisé notamment la norme FIPS 203 pour l'établissement de clés, ainsi que deux normes de signature. Dès lors, l'obstacle principal n'était plus de choisir un concept national : il fallait découvrir comment une application, une bibliothèque et un équipement vieillissant réagiraient à sa mise en œuvre.

Sur ce dernier point, le résultat est net. Une agence avait étudié des offres possibles, sans procéder à un essai interne. Les vingt-trois autres n'avaient pas engagé les activités préparatoires examinées par le GAO. Aucune des vingt-quatre n'avait testé la cryptographie post-quantique dans son environnement pendant la période auditée. Une étude de marché peut désigner un fournisseur ; elle ne montre pas si une connexion s'établit, si une signature tient dans un protocole ou si une procédure de retour arrière fonctionne.

« Volontaire » : un mot qui repousse le travail

Seize agences jugeaient les essais prématurés parce que les fournisseurs intégraient encore les normes. Des responsables de l'Office of the National Cyber Director ont présenté ces essais comme volontaires et les moyens comme limités. Le GAO a lu autrement les consignes de l'OMB : elles ne qualifiaient pas les tests de facultatifs. Il a aussi rappelé la possibilité de prototypes avec des outils libres avant l'arrivée de catalogues commerciaux complets.

Le débat administratif a donc une conséquence matérielle : si l'essai attend la livraison du marché, personne ne découvre assez tôt les incompatibilités que le marché ne peut pas connaître à la place de l'exploitant.

L'inventaire ne fournissait pas non plus un socle solide. Une seule agence avait entièrement traité les activités applicables ; une autre n'avait aucun inventaire de systèmes prioritaires et vingt-deux avaient des inventaires partiels. Sur six agences choisies pour contrôler la précision des algorithmes vulnérables inscrits, aucune ne remplissait entièrement ce critère précis. Ce dernier échantillon de six ne décrit pas les vingt-quatre. Le tableau général suffit : le travail à chiffrer n'était pas encore clairement délimité.

Aucune agence n'avait entièrement satisfait l'évaluation financière. Vingt et une avaient produit des évaluations partielles avec des données reconnues inexactes ; trois n'en avaient pas fourni. Une seule estimation reposait sur un inventaire complet des systèmes prioritaires. L'OMB et l'ONCD les qualifiaient d'ordres de grandeur destinés aux décisions de politique, pas de demandes de crédits. C'est exactement ce qu'elles étaient : des chiffres provisoires sur des systèmes peu inventoriés et jamais éprouvés avec la nouvelle cryptographie.

Le rapport intégral distingue le danger futur de l'état actuel. Les ordinateurs quantiques disponibles ne cassent pas aujourd'hui ces protections ; une machine future suffisamment puissante pourrait le faire. Des données chiffrées captées maintenant pourraient alors rester intéressantes. Le délai de migration est donc une variable de sécurité, même sans annoncer une attaque déjà réussie.

Le GAO avait formulé 89 recommandations dans son rapport sensible de septembre 2025 ; la version publique d'octobre 2026 n'en ajoute aucune. Le bon indicateur n'est pas le nombre de recommandations imprimées. Ce sont les essais datés, les échecs documentés, les propriétaires de systèmes nommés et les budgets corrigés à partir de ces observations. La réflexion de Heng Lu sur une spécification initiale et ses mises en œuvre locales éclaire cette différence institutionnelle ; les faits fédéraux viennent du GAO et du NIST.

Sources