- MUFG, le plus grand groupe bancaire japonais, réduit les salaires du PDG et des dirigeants après des violations de « pare-feu », le salaire du PDG étant réduit de 30 % pendant plusieurs mois.
- La fuite de données de MUFG révèle une surveillance laxiste, sapant la confiance des clients et l’intégrité du marché, malgré les mesures réglementaires et les réductions de salaire des dirigeants.
NOTRE AVIS
Le scandale MUFG rappelle brutalement que les géants financiers opèrent souvent au-dessus des lois. La violation flagrante des règles de « pare-feu », impliquant le partage d’informations confidentielles sur les clients et des taux de prêt préférentiels, n’est pas un simple accroc réglementaire — c’est une profonde trahison de la confiance des clients et de l’intégrité du marché.
–Ashley Wang, journaliste BTW
Que s’est-il passé
Le plus grand groupe bancaire japonais,Mitsubishi UFJ Financial Group(MUFG), a annoncé vendredi qu’il réduirait les salaires de son PDG et de cinq autres dirigeants suite à des violations des réglementations de « pare-feu » dans ses divisions bancaires et de valeurs mobilières. Cette décision fait suite à l’injonction de l’Agence des services financiers(FSA) demandant aux unités de MUFG de soumettre des plans d’amélioration des activités, marquant une action réglementaire significative au Japon depuis l’inculpation de la branche valeurs mobilières de Sumitomo Mitsui Financial Group pour manipulation de marché en 2022.
Les salaires du PDG du groupe, Hironori Kamezawa, et de cinq autres dirigeants seront réduits de 30 % pendant des périodes allant de deux à cinq mois, selon la déclaration de MUFG. De plus, trois anciens administrateurs de l’unité bancaire du groupe et un de sa branche valeurs mobilières ont été priés de restituer entre 10 % et 30 % de trois mois de salaire. Kamezawa, qui a gagné 339 millions de yens (1,6 million de livres sterling) au cours de l’exercice clos en mars 2024, est directement touché par cette décision.
En dehors de ces violations, à la mi-juin, la FSA a découvert au moins 26 cas où des informations confidentielles sur les clients ont été indûment partagées entre MUFG Bank et l’un de ses deux partenariats en valeurs mobilières avec Morgan Stanley entre 2020 et 2023. De plus, il a été constaté que MUFG Bank avait accordé des taux de prêt préférentiels aux clients faisant appel à ces courtiers.
Au Japon, des réglementations strictes interdisent aux banques et aux sociétés de valeurs mobilières d’un même groupe de partager les données des clients sans consentement explicite.
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Pourquoi c’est important
Cette violation, révélée par l’Agence des services financiers (FSA), met en lumière un comportement préoccupant. Pendant des années, MUFG et ses dirigeants ont agi en toute impunité, ignorant les réglementations mêmes conçues pour protéger la confiance des consommateurs et l’intégrité du marché. La sanction symbolique d’une réduction de salaire de 30 % pendant quelques mois, comparée aux gains du PDG du groupe de 339 millions de yens l’année dernière, ressemble plus à une tape sur les doigts qu’à une véritable mesure de responsabilisation.
Les révélations de 26 cas de partage de données confidentielles entre MUFG Bank et ses partenariats avec Morgan Stanley entre 2020 et 2023 mettent en évidence une défaillance troublante de la supervision. Cette violation non seulement sape la confiance des clients, mais soulève également des inquiétudes quant aux contrôles internes et à la culture de conformité au sein de l’une des institutions financières les plus importantes du Japon.
Cependant, l’action réglementaire et les réductions de salaire subséquentes des dirigeants montrent l’importance de maintenir des mécanismes de conformité robustes pour préserver l’intégrité du marché et protéger les informations des clients.

