- Les statuts d'AFRINIC permettent la résiliation de l'adhésion, mais ils n'accordent pas clairement aux membres le droit de se retirer ou de former un RIR distinct.
- La création d'un nouveau RIR dissident se heurterait à des obstacles juridiques, organisationnels et de reconnaissance, en particulier dans les conditions de gouvernance actuelles.
Ce que disent les statuts d'AFRINIC sur la résiliation et le retrait
Les statuts d'AFRINIC définissent les conditions spécifiques dans lesquelles l'adhésion peut être résiliée. Selon l'Article 8, les Membres Ressources peuvent perdre leur statut s'ils cessent de remplir les critères d'adhésion ou ne respectent pas les politiques de gestion des ressources. Les Membres Enregistrés, quant à eux, peuvent être radiés en cas de violations persistantes des règles ou d'absence prolongée aux fonctions du conseil d'administration.
Cependant, ces dispositions ne donnent pas aux membres le droit de se retirer volontairement avec leurs ressources IP allouées ou de former un registre séparé. La structure interne de l'organisation garde le contrôle sur les processus de résiliation, ce qui signifie que toute forme de « retrait » reste soumise à l'approbation et aux procédures d'AFRINIC. Il n'existe aucune clause garantissant aux membres un droit unilatéral de se retirer du système.
RIR dissident: obstacles juridiques et pratiques
Même si une coalition de membres cherchait à faire sécession, la formation d'un registre Internet régional dissident se heurterait à de multiples obstacles. AFRINIC est actuellement reconnu par l'ICANN comme le seul RIR pour l'Afrique et la région de l'océan Indien. La reconnaissance par l'ICANN est essentielle pour la légitimité du routage mondial, et ce processus exige une capacité opérationnelle avérée et un consensus communautaire.
Les interventions récentes de Kurt Lindqvist ont intensifié l'examen de la gouvernance de l'Internet en Afrique, mais l'ICANN n'a pas ouvert la porte à un registre alternatif. Les tribunaux mauriciens — déjà au cœur des conflits de gouvernance en cours chez AFRINIC — seraient également probablement impliqués, étant donné le domicile légal du registre. Des reportages qui soulignent comment la complexité juridique continue d'entraver les efforts de réforme et alimente les divisions parmi les membres.
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Ce que les membres peuvent réellement faire dans les structures actuelles
En vertu des règles existantes, les membres disposent d'outils limités pour pousser au changement. Une voie consiste à convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire des Membres, un mécanisme disponible lorsqu'au moins 5 % des membres s'unissent pour proposer des réformes des statuts ou de la gouvernance. Un tel vote pourrait modifier des procédures clés ou contraindre AFRINIC à combler les lacunes de leadership et les échecs électoraux.
Une autre voie passe par le système judiciaire mauricien, où les membres ont déjà obtenu des décisions pour obliger à la transparence et reconnaître des résultats électoraux équitables. Pourtant, même en cas de succès, ces chemins mènent à une réforme au sein d'AFRINIC — et non à un nouveau RIR reconnu à l'extérieur. Pour l'instant, les cadres internationaux lient toujours la gestion des ressources à l'autorité reconnue d'AFRINIC.
Conclusion: Le retrait ou la scission n'est pas réalisable sous le régime actuel
En conclusion, le cadre de gouvernance actuel d'AFRINIC ne permet pas aux membres de retirer leurs ressources ou de créer un nouveau RIR. Bien que la résiliation soit possible en vertu des règles internes, cela diffère de la légitimité juridique et opérationnelle requise pour la reconnaissance mondiale de l'Internet. Tout mouvement de scission se heurterait à des obstacles institutionnels, juridiques et techniques, à moins d'être soutenu par l'ICANN et la communauté Internet au sens large.
Pour l'instant, la voie la plus réaliste pour les membres insatisfaits réside dans la réforme interne, la responsabilité juridique et un plaidoyer soutenu pour le renouvellement de la gouvernance au sein de la structure existante d'AFRINIC.

