• La Malaisie abandonne son projet de réacheminer le trafic web via des serveurs DNS locaux suite aux inquiétudes concernant la censure et les dommages économiques.
  • Cette décision fait suite aux réactions du public, les autorités mettant l'accent sur la sécurité en ligne et la protection contre les contenus nuisibles.

NOTRE AVIS
Le ministre malaisien des communications, Fahmi Fadzil, a suspendu le projet du gouvernement de réacheminer le trafic web via des serveurs DNS locaux suite à l'opposition du public. Cette décision fait suite aux inquiétudes selon lesquelles cette directive pourrait accroître la censure et nuire à l'économie numérique du pays. Cela montre que le gouvernement est à l'écoute des préoccupations du public, mais souligne également le défi constant de trouver un équilibre entre la liberté d'Internet et la sécurité en ligne. Le régulateur des communications avait initialement prévu cette mesure pour bloquer les sites web nuisibles, mais les critiques généralisées, notamment concernant les risques de censure et de cybersécurité, ont conduit à reconsidérer le plan.
–Heidi Luo, reporter BTW

Que s’est-il passé

Le ministre malaisien des communications, Fahmi Fadzil, a interrompu un projet controversé de réacheminement du trafic web via des serveurs DNS locaux visant à lutter contre les contenus nuisibles tels que les escroqueries en ligne et la pornographie, selon un message publié dimanche sur la plateforme de médias sociaux X.

Cette décision fait suite à une inquiétude généralisée du public selon laquelle la mesure augmenterait la censure et nuirait à l'économie numérique de la Malaisie, qui a attiré d'importants investissements de la part d'entreprises technologiques telles que Microsoft et Google.

La Commission malaisienne des communications et du multimédia (MCMC) avait défendu le projet, affirmant qu'il visait à protéger les groupes vulnérables contre les sites web malveillants.

Mais les critiques, y compris des responsables gouvernementaux, craignaient que cela n'entraîne des dérives et des risques de cybersécurité tels que l'empoisonnement DNS. Après avoir pris en compte les réactions du public, le gouvernement a décidé de ne pas poursuivre le projet.

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Pourquoi c'est important

Le système de noms de domaine (DNS) traduit les noms de sites web en adresses numériques, permettant aux ordinateurs de localiser les sites web en ligne. Alors que les fournisseurs d'accès Internet (FAI) en Malaisie gèrent généralement leurs propres serveurs DNS, de nombreux utilisateurs optent pour des services DNS publics tels que Google ou Cloudflare pour un accès plus rapide ou pour contourner les restrictions locales. Dans le cadre du projet gouvernemental proposé, les requêtes adressées aux fournisseurs DNS tiers seraient redirigées vers les FAI malaisiens.

La MCMC a fait valoir que cette redirection bloquerait les sites web nuisibles sans perturber de manière significative les sites légitimes, ayant déjà bloqué plus de 24 000 sites nuisibles depuis 2018. Cependant, le député Lim Yi Wei a exprimé des inquiétudes, affirmant que le projet pourrait entraîner de la censure et exposer les utilisateurs à des menaces de cybersécurité telles que l'empoisonnement DNS, où les pirates pourraient rediriger le trafic web.

Cette évolution intervient alors que la Malaisie fait l'objet d'une surveillance accrue concernant la réglementation des contenus en ligne, les entreprises technologiques telles que Google et Meta exprimant des inquiétudes quant aux efforts du pays pour octroyer des licences aux plateformes de médias sociaux, qu'ils jugent peu claires.