• Elle vise à renforcer la souveraineté numérique de l'Afrique et à garantir une voix unifiée dans la gouvernance mondiale de l'Internet.
  • Elle ambitionne de renforcer les capacités techniques, d'harmoniser les politiques et de soutenir les réformes à l'AFRINIC par le biais d'une architecture de gouvernance continentale.

Qu'est-ce que l'initiative CAIGA ?

L'initiative CAIGA de Smart Africa (Architecture continentale de gouvernance de l'Internet en Afrique) est un effort ambitieux de Smart Africa — une alliance panafricaine de gouvernements, du secteur privé et de partenaires internationaux — pour redéfinir le fonctionnement de la gouvernance de l'Internet sur le continent. Plutôt que de laisser chaque pays agir isolément, CAIGA propose un cadre de coordination, de renforcement des capacités partagé et de participation active de l'Afrique aux structures de gouvernance mondiales.

Un fondement clé de l'initiative est un mémorandum d'entente (MoU) avec l'ICANN, en vertu duquel les deux organisations s'engagent à développer un Internet stable, sécurisé et inclusif en Afrique. Le MoU décrit des plans pour des ateliers de formation, des actions de sensibilisation communautaire et une participation accrue des gouvernements africains à la gouvernance multipartite.

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Pourquoi la souveraineté numérique est centrale

L'un des principaux objectifs de l'initiative CAIGA est la souveraineté numérique. Smart Africa a présenté CAIGA comme faisant partie d'une « réponse continentale coordonnée » visant à protéger le contrôle stratégique de l'Afrique sur ses ressources Internet, en particulier face aux défis de gouvernance à l'AFRINIC.

En établissant une architecture continentale, Smart Africa soutient que les gouvernements et les institutions africaines peuvent mieux défendre leurs intérêts, réduire leur dépendance à l'égard des acteurs extérieurs et garantir que des infrastructures critiques telles que la gestion des adresses IP restent sous une supervision régionale significative.

Cela est particulièrement urgent compte tenu des récentes turbulences à l'AFRINIC, où une instabilité institutionnelle prolongée a suscité des inquiétudes quant au contrôle de l'Afrique sur cette ressource vitale.

Renforcer les capacités à travers l'Afrique

Un autre objectif central de l'initiative est le développement des capacités. Grâce à son MoU avec l'ICANN, Smart Africa prévoit d'organiser un large éventail d'événements, de sessions de formation et d'ateliers visant à renforcer les compétences des parties prenantes africaines — des régulateurs gouvernementaux à la société civile et aux communautés techniques.

Ce soutien comprend des actions de sensibilisation auprès des parties prenantes de base, ce qui contribue à démocratiser la gouvernance de l'Internet et garantit que les voix locales soient entendues dans l'élaboration des politiques. Ce faisant, CAIGA vise à constituer un vivier d'acteurs informés et compétents à travers le continent, capables de s'engager auprès des organes de gouvernance régionaux et mondiaux.

Le propre plan régional de l'ICANN pour l'Afrique (exercice 2026-2030) met l'accent sur le développement des capacités, la résilience technique et la participation accrue des groupes sous-représentés — des objectifs qui recoupent fortement la vision de CAIGA.

Harmoniser les politiques et la gouvernance de l'Internet

CAIGA cherche également à harmoniser les politiques Internet à travers les nations africaines. Plutôt que chaque pays travaille isolément avec ses propres règles, l'initiative vise à créer un cadre commun ou du moins un mécanisme de coordination pour les questions politiques transfrontalières — y compris la protection des données, la cybersécurité, les infrastructures critiques et la réglementation numérique.

Cela permettrait aux gouvernements africains de parler d'une voix plus unifiée dans des instances mondiales telles que l'ICANN ou l'Union internationale des télécommunications (UIT), augmentant ainsi le poids du continent dans l'élaboration des normes mondiales de l'Internet. Lors d'un forum de haut niveau, Smart Africa a souligné que CAIGA devrait aider à aligner les stratégies continentales et à garantir la cohérence des politiques.

Soutenir la réforme et la durabilité d'AFRINIC

Un objectif particulièrement stratégique de CAIGA est de soutenir les réformes à l'AFRINIC, le registre Internet régional africain. Smart Africa a publiquement indiqué son engagement à travailler avec les membres élus du conseil d'administration, les organismes de réglementation et les communautés pour mener des réformes de manière transparente et inclusive.

En fournissant une architecture de gouvernance qui se superpose à l'AFRINIC, CAIGA pourrait contribuer à la stabilité institutionnelle, aider à prévenir de futures crises et rétablir la confiance entre les parties prenantes. Cet objectif reflète l'ambition plus large de Smart Africa de sauvegarder l'infrastructure numérique de l'Afrique et d'assurer la résilience à long terme de ses institutions de gouvernance de l'Internet.

Promouvoir une gouvernance inclusive et l'engagement multipartite

Bien que CAIGA soit en partie une initiative politique, l'un de ses principaux objectifs est de maintenir, voire d'élargir, la participation multipartite. Smart Africa estime qu'une gouvernance efficace doit faire le pont entre le gouvernement, la société civile, le secteur privé et la communauté technique.

Selon Smart Africa, CAIGA n'est pas censée être un organe descendant; elle doit plutôt favoriser le dialogue, les consultations et le renforcement des capacités — en garantissant que tous les acteurs concernés puissent contribuer de manière significative à ses travaux.

Cependant, cette ambition ne va pas sans scepticisme. Des critiques, y compris certains experts de l'espace de la gouvernance de l'Internet, avertissent que CAIGA risque de donner trop d'influence aux gouvernements au détriment de la communauté technique.