• Lu Heng affirme que le dernier projet de révision de l'ICP-2 centralise effectivement l'autorité sur les registres Internet régionaux (RIR), limitant ainsi la concurrence et les sorties.
  • Il explique que, le système des RIR étant fondé sur une coopération volontaire, la concentration du pouvoir affaiblit le consentement et fait peser un risque de fragilité systémique.

« Chaque système finit par atteindre un moment où il doit soit s'adapter à la réalité, soit tenter de se figer sur place. Ce moment n'est pas décidé par le débat. Il est décidé par l'échelle. Le projet de révision de l'ICP-2 est présenté comme une protection, une intendance et un ordre. En réalité, c'est une tentative de préserver une structure qui ne correspond plus à l'échelle ni à la nature du système qu'elle prétend gouverner. »

——Lu Heng, PDG de Cloud Innovation, PDG de LARUS Ltd, Fondateur de LARUS Foundation.

La centralisation déguisée en stabilité

Dans son essai du 29 décembre 2025, Lu Heng, PDG de LARUS Limited et fondateur de la LARUS Foundation, critique le projet de révision de l'Internet Coordination Policy-2 (ICP-2) — le document fondateur qui définit les critères de reconnaissance, de maintien et, éventuellement, de retrait de reconnaissance des registres Internet régionaux (RIR). Heng affirme que le projet, bien que présenté sous l'angle de l'intendance et de la protection, consolide en réalité l'autorité d'une manière qui résiste à l'adaptation nécessaire.

Heng explique que le projet de révision de l'ICP-2 limite la capacité des organisations à entrer ou à sortir du système des RIR, rendant les RIR existants presque irremplaçables et les nouveaux pratiquement impossibles. De telles restrictions, dit-il, transforment la coordination en autorisation, et l'autorisation en pouvoir. Cette approche consolide la prise de décision entre les mains de quelques entités non élues, en particulier l'ICANN et la Number Resource Organization, au lieu de préserver l'éthique ascendante et communautaire qui soutient depuis longtemps le système des RIR.

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La nature volontaire du système des RIR

Un point central de l'analyse de Heng est la nature volontaire du modèle de gouvernance des RIR. Parce qu'aucune puissance souveraine n'applique les exigences de l'ICP-2, la conformité dépend entièrement de la volonté des membres de la communauté de participer. Heng avertit qu'une fois la sortie restreinte et la concurrence bloquée, la légitimité qui sous-tend le système s'évapore, et les membres peuvent simplement retirer leur coopération. Un tel retrait volontaire, suggère-t-il, éroderait silencieusement la pertinence du système sans effondrement dramatique.

Heng soutient que la résilience structurelle n'est pas renforcée par la centralisation de l'autorité, mais par la mise en place de processus de gouvernance adaptatifs et décentralisés qui reflètent le caractère distribué et coopératif de l'infrastructure Internet mondiale.

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Un appel à l'adaptation, pas à l'enracinement

La critique de Heng présente la révision de l'ICP-2 comme symptomatique de tendances plus larges à défendre les structures héritées plutôt qu'à embrasser l'évolution. Pour lui, un cadre de gouvernance qui résiste au changement et consolide le pouvoir risque de saper la coopération et le consentement mêmes dont dépend l'Internet mondial.